Dominique La Haye
Agence QMI

Pipelines: malaise dans les rangs libéraux

Dominique La Haye

OTTAWA - La décision du gouvernement Trudeau de donner le feu vert à deux projets de pipeline dans l'Ouest canadien crée un malaise dans les rangs libéraux.

Le premier ministre Justin Trudeau, entouré de plusieurs membres de son cabinet, a annoncé mardi qu'il appuyait les projets de modernisation Trans Mountain, qui doit relier l'Alberta à l'océan Pacifique, ainsi que celui de la Canalisation 3, reliant également cette province à l'État du Wisconsin, aux États-Unis. Il a par ailleurs rejeté le controversé projet d'oléoduc Northern Gateway.

Tout en se rangeant derrière la décision du gouvernement, des députés libéraux fédéraux de la Colombie-Britannique n'ont pas caché leur déception, mercredi matin, à l'entrée de la réunion hebdomadaire de leur caucus. Ils reconnaissent que la bénédiction du fédéral à ces projets fait bien des mécontents parmi leurs électeurs.

La députée de Vancouver Quadra, Joyce Murray, dit avoir tenté de dissuader le gouvernement d'approuver ces projets. Elle se conforte maintenant dans le fait qu'Ottawa a rattaché plusieurs conditions contraignantes à sa décision.

«J'ai été déçue, parce que j'ai essayé de convaincre le gouvernement de choisir une autre voie, mais je suis à l'aise parce qu'on a un avenir avec plusieurs programmes pour améliorer l'environnement pour protéger l'environnement et répondre à la question des changements climatiques», a-t-elle soutenu.

«Je ne suis pas contente de la décision», a reconnu la députée de Vancouver Centre, Hedy Fry.

Elle s'est tout de même réjouie du fait que le gouvernement ait donné son appui sous réserve de 150 conditions, auxquelles la pétrolière américaine Kinder Morgan devra se conformer si elle veut acheminer 900 000 barils d'or noir par pipeline vers Burnaby, dans la région de Vancouver.

Mme Fry fait face à l'opposition du conseil municipal de cette ville, ainsi que des militants écologistes et autochtones.

Le député de North Vancouver, Jonathan Wilkinson, reconnaît que plusieurs de ses électeurs sont opposés au projet et que d'autres sont en faveur. Il s'est dit à l'aise à l'idée de maintenant défendre le projet.

«Je le suis. Je pense que c'est un exemple où le gouvernement prend une décision qui est liée au développement économique, mais d'une manière qui soit viable pour l'environnement», a-t-il indiqué.

Préoccupations

Le député estime que les préoccupations soulevées dans sa circonscription ont été prises en considération par le gouvernement.

Mercredi, le premier ministre a pour sa part défendu une fois de plus sa décision, à l'entrée de la réunion de son caucus. «On prend des décisions importantes dans l'intérêt national et on travaille fort pour démontrer que c'est la bonne décision à prendre», a déclaré Justin Trudeau.

«Il y en aura des gens mécontents, ça on le sait», a-t-il réagi, lorsque questionné au sujet des opposants au transport de pétrole par pipelines qui manifestaient mercredi devant son bureau de circonscription à Montréal.

Le député conservateur Gérard Deltell a pour sa part déploré la décision du gouvernement de rejeter le projet Northern Gateway.

«On est déçu de voir que le gouvernement a choisi deux projets plutôt que trois, alors que les trois avaient rempli les cases de l'Office national de l'énergie. On est déçu de voir que des deux projets, celui d'éliminé, c'était celui qui avait des perspectives d'avenir intéressantes avec les ententes qui avaient été conclues avec les communautés locales et tout ça», a-t-il soutenu.



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