Dominique La Haye
Agence QMI

Le Canada et la Chine envisagent un accord de libre-échange

Dominique La Haye

Dernière mise à jour: 22-09-2016 | 17h33

MONTRÉAL - Le Canada et la Chine entament des discussions en vue de conclure un possible accord de libre-échange et se fixent comme objectif de doubler leurs échanges bilatéraux d'ici 2020.

Le premier ministre Justin Trudeau en a fait l'annonce, jeudi, aux côtés de son homologue chinois Li Keqiang, en visite officielle au Canada depuis mercredi.

«Nous sommes d'accord pour lancer des discussions exploratoires en vue d'un possible accord de libre-échange entre le Canada et la Chine», a déclaré M. Trudeau.

«À cet effet, nous avons fixé un nouvel objectif ambitieux qui consiste à doubler les échanges bilatéraux entre le Canada et la Chine d'ici 2020. Nous sommes heureux d'avoir pu assister à la signature de contrats qui nous aideront à réaliser cet objectif», a-t-il ajouté.

Le premier ministre a ajouté que le plein potentiel de la relation commerciale du Canada avec la Chine «demeure encore inexploité».

Son homologue chinois a pour sa part affirmé qu'un «consensus dans le domaine économique et commercial» s'était dégagé de leur rencontre.

«Nous sommes prêts à travailler ensemble avec la partie canadienne pour chercher des possibilités de créer une zone de libre-échange avec le Canada», a soutenu le premier ministre Li.

Il a du même coup annoncé que la Chine lèverait une interdiction et accueillerait à nouveau certains types de bœuf.

«Nous affirmons que la Chine est prête à importer du bœuf désossé du Canada», a-t-il confirmé.

Confusion

Cette annonce survient deux semaines après la toute première visite officielle de M. Trudeau en Chine, où une certaine confusion entourant cette question était ressortie.

À la suite d'une rencontre bilatérale avec M. Trudeau à Pékin, le premier ministre Li avait alors affirmé que les deux dirigeants s'étaient entendus pour lancer prochainement une «étude de faisabilité» sur une entente de libre-échange entre le Canada et la Chine.

Il avait ajouté que cela enverrait un «signal clair» à la communauté internationale comme quoi la Chine et le Canada appuient le commerce. «Cela va profiter aux deux pays», avait-il alors soutenu.

M. Trudeau avait pour sa part passé sous silence cet enjeu et l'ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, présent lors des rencontres bilatérales, avait plus tard indiqué qu'il n'avait pas été question d'une étude de faisabilité entre les deux pays.

L'ambassadeur avait alors insisté pour dire que l'approche du Canada en ce qui a trait à une entente de libre-échange comprend l'inclusion «d'un certain nombre de points importants».

Il avait précisé quatre enjeux politiques et économiques clés pour le Canada, à savoir l'emploi, l'environnement, les entreprises détenues par l'État chinois et l'approvisionnement.

«Ces secteurs sont problématiques et encore beaucoup de travail doit être réalisé sur ces points. Le premier ministre a été assez clair sur ça», avait alors expliqué l'ambassadeur.

Traité d'extradition

Le premier ministre Trudeau a aussi confirmé que des discussions en vue de conclure un traité d'extradition avec la Chine étaient en cours.

«Le Canada et la Chine ont depuis de nombreuses années des conversations sur la peine de mort, sur les potentiels traités d'extradition. Mais la réalité c'est que maintenant on a un format plus régulier. On a établi un dialogue de sécurité nationale (...) pour pouvoir échanger sur des enjeux comme ça», a-t-il soutenu.

«Par rapport à l'extradition, j'ai souligné à maintes reprises, y compris directement avec le premier ministre, que nous avons des systèmes de justice différents entre nos deux pays et nos attentes sont très élevées par rapport à tout traité d'extradition potentiel entre le Canada et la Chine», a-t-il ajouté.

Le premier ministre Li a pour sa part soutenu que la Chine avait de tels traités avec d'autres pays notamment en Europe. Il a aussi défendu la peine de mort dans son pays.

«La Chine fait partie des nombreux pays dans le monde où est encore appliquée la peine de mort. Et cela parce que la Chine compte une population très nombreuse et qu'en Chine, il y a souvent des crimes très violents qui se sont produits et c'est donc à partir des conditions nationales réelles de la Chine que nous maintenons la peine de mort que nous appliquons ces dernières années avec la plus grande prudence», a-t-il indiqué. 

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