Dominique La Haye
Agence QMI

La ministre Monsef est née en Iran et non en Afghanistan

La ministre Monsef est née en Iran et non en Afghanistan

Maryam Monsef.Photo Facebook

Dominique La Haye

OTTAWA - Après avoir été érigée en symbole par les libéraux comme étant la première députée née en Afghanistan, la ministre fédérale Maryam Monsef admet avoir plutôt vu le jour en Iran.

La députée ontarienne élue en 2015 et ministre des Institutions démocratiques a émis jeudi une déclaration, à la suite d'un reportage publié dans le Globe and Mail, où elle confirme ses véritables origines.

La ministre affirme avoir été induite en erreur par sa mère qui n'avait jusqu'ici jamais cru bon de rectifier les faits.

«Aujourd'hui, le Globe and Mail a publié un article faisant état que je suis en fait née à Mashhad en Iran et non pas à Hérat en Afghanistan - comme on m'a laissé entendre durant toute ma vie», écrit-elle.

«Il est vrai de dire que je suis passée par une gamme d'émotions lors des derniers jours en tentant de donner un sens à cette situation avec ma famille», poursuit-elle.

La ministre précise que sa mère a avoué pour la première fois, seulement dans les derniers jours, que ses deux sœurs et elle étaient nées en Iran, à environ 200 km de la frontière afghane.

«Mes sœurs et moi avons demandé à notre mère pourquoi elle ne nous avait jamais dit que nous étions nées en Iran. Elle nous a répondu qu'elle ne croyait pas que c'était significatif. Nous étions citoyennes afghanes, et puisque nées de parents afghans, en vertu de la loi iranienne, nous ne serions pas considérées comme citoyennes iraniennes - malgré le fait que l'on y soit nées», explique Mme Monsef.

«Certains survivants croient que la guérison vient de la transmission de leur histoire; certains autres ne peuvent pas entrevoir revisiter le passé. Ma mère n'a jamais parlé de l'horrible douleur que le conflit et la terreur lui ont infligée. Cette semaine, mes sœurs et moi lui avons demandé de la revivre», ajoute-t-elle.

La ministre arrivée au Canada en tant que réfugiée raconte qu'à la suite du mariage de ses parents à Hérat, la situation était devenue intenable en raison de la guerre. Pour des raisons de sécurité, ses parents ont ainsi décidé de se rendre en Iran.

«Même si nous étions beaucoup plus en sécurité en Iran nous n'avions aucun statut, et comme les milliers d'autres réfugiés afghans, nous ne profitions pas des mêmes droits et privilèges accordés aux citoyens iraniens. Après la mort de mon père, nous avons fait le trajet entre l'Afghanistan et l'Iran quand la situation le permettait», précise-t-elle.



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