Dominique La Haye
Agence QMI

Missions de paix: consultations incertaines au Parlement

Missions de paix: consultations incertaines au Parlement

Justin Trudeau. Photo Matthew Usherwood / Agence QMI

Dominique La Haye

Dernière mise à jour: 21-09-2016 | 18h28

OTTAWA - Justin Trudeau ne s'engage pas à tenir un vote au Parlement sur la décision de son gouvernement de renouer avec les missions de paix que mèneront les troupes canadiennes à l'étranger.

Mercredi, le premier ministre était attendu de pied ferme par l'opposition, aux Communes, où il était absent depuis la reprise des travaux parlementaires.

M. Trudeau était à New York, où lors de sa toute première allocution devant l'ONU, il en profité pour rappeler l'intention du Canada de déployer jusqu'à 600 militaires dans d'éventuelles missions de paix et d'y rattacher un budget de 450 millions $.

La chef intérimaire des conservateurs, Rona Ambrose, a accusé le premier ministre de vouloir échanger un siège au conseil de sécurité de l'ONU, que le Canada souhaite obtenir, contre des pertes de vie humaine dans le cadre de missions de paix.

«Cette mission sera dangereuse et des troupes canadiennes pourront en mourir. C'est clair que le premier ministre veut obtenir un siège au Conseil de sécurité de l'ONU et qu'il utilise nos troupes en monnaie d'échange pour atteindre son objectif», a-t-elle lancé.

Voter en chambre

Le chef sortant du NPD, Thomas Mulcair, a pour sa part reproché au premier ministre de refuser de soumettre au vote son plan pour des missions de paix.

«Que ce soit pour le déploiement ou toutes missions de paix éventuelles, le Parlement devrait être consulté et il doit y avoir un vote», a-t-il tranché.

M. Trudeau a rétorqué avoir un «profond respect pour les parlementaires» sans pour autant s'engager à les soumettre à un vote sur cette question.

«Je peux vous garantir qu'il va y avoir amplement de temps d'écouter, d'entendre les préoccupations des Canadiens», a-t-il dit en point de presse.

Chine

Le premier ministre a aussi dû se défendre face aux critiques des partis d'opposition qui l'accusent de négocier un traité d'extradition avec la Chine, un pays où les droits de l'homme sont souvent bafoués.

«Le Canada a toujours eu des attentes extrêmement élevées par rapport aux traités d'extradition avec n'importe quel pays. Par exemple, notre engagement contre la peine capitale, qui est en place depuis 40 ans, veut dire que même avec un pays comme les États-Unis, on ne fait pas d'extraditions si quelqu'un fait face à une peine de mort», a-t-il soutenu.

Puis, il a pointé du doigt les conservateurs qui, dit-il, avaient rendu cette politique «discrétionnaire».

«Je sais que les Canadiens tiennent à ce qu'on défende nos principes et nos valeurs et c'est ce que nous allons faire dans toutes circonstances», a-t-il argué.

Ces critiques surviennent deux semaines après la première visite officielle en Chine de M. Trudeau qui accueille, à son tour le premier ministre chinois Li Keqiang à Ottawa.

La libération récente du Canadien Kevin Garratt, emprisonné pendant deux ans en Chine pour espionnage, soulève aussi des questions pour l'opposition sur ce que le Canada a pu avoir cédé en retour.

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