Dominique La Haye
Agence QMI

Combattants de l'EI: difficile d'amasser des preuves

Combattants de l'EI: difficile d'amasser des preuves

Bob Paulson. Photo Archives / Agence QMI

Dominique La Haye

Dernière mise à jour: 08-03-2016 | 18h02

OTTAWA - La difficulté à amasser des preuves pour arrêter les Canadiens revenus au pays après avoir joint les rangs de l'état islamique (EI) explique que certains réussissent à s'échapper de nouveau, soutient le commissaire de la GRC, Bob Paulson.

«Le défi, c'est d'avoir les preuves pour présenter une accusation (devant les) cours», a indiqué le patron de la GRC, mardi, lors d'une mêlée de presse à sa sortie d'un comité parlementaire sur la sécurité.

«C'est comme quelqu'un qui fait des vols par effraction. On sait tous dans une petite communauté qui fait des vols par effraction, mais ça prend des preuves», a-t-il souligné.

La veille, le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Michel Coulombe, a révélé qu'environ une soixantaine de combattants partis à l'étranger étaient rentrés au pays, alors que le SCRS en avait recensé au départ une vingtaine de plus.

M. Coulombe a expliqué que parmi la vingtaine, certaines personnes ont réussi après leur retour à quitter une fois de plus le pays.

Faire fonctionner le système

Malgré la difficulté pour la GRC d'amasser des preuves contre ces individus, M. Paulson n'est pas d'avis que les exigences pour permettre aux enquêteurs de porter des accusations doivent être abaissées.

«On est des Canadiens, on a des valeurs assez importantes et moi personnellement je ne veux pas baisser les niveaux, je veux que le système de justice fonctionne comme il est supposé», a-t-il soutenu.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a réagi en insistant également sur l'importance pour les enquêteurs d'accumuler des preuves capables de résister aux tests des tribunaux.

«Je ne vais pas m'ingérer dans ce processus, ce qui pourrait nuire au travail qu'ils cherchent à accomplir», a-t-il soutenu.

Révision des ressources

M. Goodale a ajouté que son ministère effectuait une révision pour s'assurer que les agences responsables d'assurer la sécurité nationale ont les ressources nécessaires pour le faire.

M. Paulson a précisé qu'un peu plus de 600 policiers ont été affectés à la protection de la sécurité nationale.

Les conservateurs sont pour leur part d'avis que le gouvernement libéral doit prendre des mesures pour faciliter le travail des policiers et éviter que ces combattants ne parviennent à se défiler.

«Si on voit qu'il y a un potentiel de danger, on doit avoir des mesures pour les garder confinés et prendre action avec ça. On ne peut pas les laisser libres dans les champs», a soutenu le député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus.

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