Michel Comte
AFP

Justin Trudeau à Washington pour relancer les relations

Michel Comte

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau sera reçu jeudi en grande pompe à Washington avec un dîner d'État marquant le rapprochement des voisins nord-américains, une première pour un dirigeant canadien en deux décennies.

«Il y a de l'excitation dans l'air» avant cette visite, observe Matt Browne, chercheur au Center for American Progress à Washington. «Les gens ont vraiment hâte de le rencontrer, de lui parler et d'en apprendre plus sur sa vision».

Justin Trudeau, dont la popularité reste au beau fixe dans les sondages au Canada quatre mois après son arrivée au pouvoir, sera accompagné de son épouse Sophie Grégoire-Trudeau et de cinq ministres dans ce déplacement.

Cette visite d'État, la première depuis 1997, scelle une certaine réconciliation entre le Canada et les États-Unis, après les tensions entre l'administration Obama et le précédent gouvernement du conservateur Stephen Harper.

«Ce sera rafraîchissant d'entendre des idées inspirantes et de découvrir des politiques dictées par des problèmes réels», ajoute M. Browne pour qui Justin Trudeau, et sa manière de gouverner, est l'antithèse des principaux ténors républicains engagés dans la course à la Maison Blanche.

«Justin Trudeau est porteur d'un nouveau programme progressiste, il fustige l'intolérance et la politique de la peur et de la division, et il défend l'idée que l'État doit investir dans les infrastructures et la création d'emplois. Il y a donc beaucoup d'intérêt pour sa vision», commente le chercheur américain.

En poste depuis novembre, Justin Trudeau, 44 ans, et son épouse Sophie, 40 ans, suscitent également l'intérêt au sud de la frontière en raison d'un certain glamour qu'ils incarnent, relève M. Browne.

Le magazine américain Vogue a notamment publié en décembre une photo du couple en train de s'enlacer, quand le New York Times et le Washington Post y sont récemment allés de portraits élogieux du jeune premier ministre.

«Les Trudeau sont clairement un couple glamour, peut-être comme les Kennedy, et cela ajoute au mythe et au buzz du moment», relève M. Browne.

Faire plus attention au Canada

Les Trudeau seront accueillis jeudi matin par Barack et Michelle Obama lors d'une cérémonie dans les jardins de la Maison Blanche.

Le premier ministre canadien participera ensuite à un déjeuner en compagnie du secrétaire d'État John Kerry, avant que ne se tienne en soirée le dîner d'État, lui-même suivi d'une réception dans un grand hôtel de la capitale américaine.

Au cours de sa visite à Washington, M. Trudeau traitera d'accords commerciaux et de lutte contre le réchauffement climatique avec le président américain, et des annonces sur ces deux thèmes sont attendues.

En préparation de leur rencontre, les ministres américains et canadiens de la Sécurité publique et de l'Environnement ont planché sur le resserrement des règles de pollution des véhicules, sur le développement des véhicules électriques, sur la régulation des gaz à effet de serre émis par les deux pays, mais aussi sur la gestion de leur frontière commune.

Les dirigeants nord-américains souhaitent en effet faciliter les échanges entre les deux pays, les mesures de sécurité adoptées après le 11 septembre 2001 ayant lourdement entravé le trafic transfrontalier.

Au-delà de ces enjeux, le dîner d'État, auquel 120 invités triés sur le volet ont été conviés, sera l'occasion de rapprocher les décideurs canadiens et américains.

«Il n'est pas juste question de passer un bon moment", a expliqué à l'AFP le sénateur canadien Art Eggleton qui participa au dernier dîner d'État organisé à la Maison Blanche en l'honneur d'un premier ministre canadien, Jean Chrétien, en 1997.

«C'est l'occasion de se connaître mieux et de renforcer les relations bilatérales», souligne-t-il, notant que «les États-Unis sont notre allié le plus proche, notre voisin et de loin notre plus important partenaire commercial».

Dans une interview diffusée dimanche soir par la chaîne américaine CBS, M. Trudeau a d'ailleurs estimé que «beaucoup de Canadiens attendent des Américains d'être un peu plus au courant de ce qui se passe dans le reste du monde».

«Parfois, je pense, nous espérons que les Américains feront plus attention à nous également», a remarqué Justin Trudeau.

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