Dominique La Haye
Agence QMI

Aide médicale à mourir: le consentement anticipé réclamé

Aide médicale à mourir: le consentement anticipé réclamé

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Dominique La Haye

Dernière mise à jour: 04-03-2016 | 11h59

OTTAWA - Deux associations québécoises pressent Ottawa de légiférer sur l'aide médicale à mourir pour permettre à un patient de donner son consentement à l'avance aux soins de fin de vie.

L'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité et l'Institut de planification des soins demandent au gouvernement Trudeau d'emboîter le pas sur certaines recommandations comprises dans un rapport d'un comité parlementaire mixte rendu public la semaine dernière.

Selon ces deux associations, refuser la demande anticipée d'aide médicale à mourir comme le prévoit la loi québécoise en vigueur «peut conduire à des situations incohérentes, ayant des conséquences très préjudiciables».

«Par exemple, une personne atteinte d'un cancer avancé, lui causant des douleurs intolérables, et apte à demander l'aide médicale à mourir pourra s'en prévaloir, alors que cette même personne placée exactement dans les mêmes circonstances, mais qui est devenue inapte à consentir, ne pourra s'en prévaloir, même si elle l'avait demandé par directives médicales anticipées», déplorent ces organisations dans une lettre rendue publique vendredi et dont notre Bureau parlementaire a obtenu copie.

Selon le neurochirurgien et président de l'Association, Georges L'Espérance, cette recommandation vise notamment les personnes qui sont lucides au moment de recevoir un diagnostic de démence progressive, mais qui deviendront inaptes par la nature même de la maladie. C'est aussi le cas pour les maladies neurologiques dégénératives, telle que la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

Ces deux associations souhaitent aussi que le fédéral aille de l'avant avec les recommandations du comité visant à rendre disponible l'aide médicale à mourir pour les patients atteints de maladies «non terminales» et obligeant les établissements financés par les fonds publics à offrir l'aide médicale à mourir.

Bémols

M. L'Espérance émet cependant certaines réserves sur la recommandation du comité voulant ouvrir la portée de l'aide médicale à mourir aux mineurs.

«Je pense qu'il faut se donner du temps, a-t-il indiqué. On ne peut pas régler ça tout de suite, car il n'y a pas de consensus social. Si on regarde la Belgique, ils ont pris 12 ans avant de rouvrir cette question-là et c'est controversé.»

Le président de l'Association croit aussi qu'il en va de même quant à la recommandation du comité suggérant d'inclure les maladies psychiatriques dans la future loi.

«La psychiatrie n'est pas une science extrêmement précise. [...] Il faut vraiment qu'il y ait une réflexion sociétale qui va prendre du temps et il faut aussi que la psychiatrie progresse», a dit M. L'Espérance en entrevue avec notre Bureau parlementaire.


L'aide médicale à mourir, en trois points clés


- Le comité mixte spécial formé de sénateurs et de députés a remis un rapport au gouvernement Trudeau comprenant 21 recommandations pour guider la future loi fédérale pour encadrer l'aide médicale à mourir.

- Ottawa doit déposer et adopter une loi qui devra entrer en vigueur au plus tard le 6 juin, selon les délais prescrits par la Cour suprême du Canada, après qu'elle eut invalidé les articles du Code criminel interdisant l'euthanasie dans la cause Carter.

- Au Québec, la Loi concernant les soins de fin de vie est déjà en vigueur.

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