Guillaume St-Pierre
Agence QMI

La sécurité doit être une priorité pour Ottawa

La sécurité doit être une priorité pour Ottawa

Les agences de renseignement du Canada ont essuyé des compressions sous le précédent gouvernement conservateur. Photo Archives / Agence QMI

Guillaume St-Pierre

OTTAWA - Deux anciens hauts fonctionnaires canadiens demandent au gouvernement Trudeau de moderniser la structure du renseignement et de la sécurité afin de mieux protéger les Canadiens de la menace terroriste.

Après avoir essuyé des compressions sous le précédent gouvernement conservateur, les agences de renseignement doivent être à nouveau mieux financées, estiment l'ancien patron de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Luc Portelance, et un ex-agent du Service canadien du renseignement de sécurité (CSIS), Ray Boisvert.

«Les Canadiens ont besoin d'être rassurés», affirment-ils conjointement dans une publication rédigée pour le compte de l'Institut MacDonald-Laurier et rendue publique lundi.

En plus d'injecter des fonds dans les agences existantes, MM. Portance et Boisvert croient qu'il est temps de créer de nouveaux organismes de surveillance. Selon eux, le Canada doit se doter d'un service de renseignement responsable d'épier ce qui se passe à l'étranger, afin qu'il soit moins dépendant du travail de ses alliés.

La mise en place d'une agence centrale qui coordonnerait tous les efforts de surveillance canadiens devrait aussi être une priorité, disent-ils.

«Le Canada est l'un des rares pays développés qui n'a pas un bureau intégré où est traitée l'information», ajoutent les auteurs.

Sécurité et libertés

En campagne électorale, les libéraux avaient promis d'annuler des dispositions «problématiques» du projet de loi antiterroriste C-51 du gouvernement de Stephen Harper.

Au cours de son premier mandat, Justin Trudeau a l'intention de mettre en place de nouvelles mesures législatives afin de «mieux respecter l'équilibre» entre «sécurité et libertés» individuelles.

Or, MM. Portelance et Boisvert craignent que le gouvernement se concentre trop sur l'aspect des libertés au détriment de la sécurité.

À leur avis, certaines dispositions de C-51 permettant le partage d'information entre les agences de renseignement doivent être maintenues.

«Il y a un risque de plus en plus grand que de l'information qui pourrait aider à prévenir une attaque terroriste dévastatrice ne soit pas partagée entre les agences», s'inquiètent-ils.

Radicalisation

Le gouvernement doit aussi s'attaquer à la radicalisation avec plus de créativité. Les auteurs suggèrent de lancer des campagnes de publicité d'envergures pour faire contrepoids à la propagande terroriste.

Enfin, MM. Portelance et Boisvert appellent à un contrôle plus serré aux frontières afin de détecter les Canadiens qui ont l'intention d'aller se battre aux côtés de groupes terroristes à l'étranger. 

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