Guillaume St-Pierre
Agence QMI

Aide médicale à mourir: malaise chez les libéraux

Aide médicale à mourir: malaise chez les libéraux

Un comité formé de députés et sénateurs déposera ses recommandations d'ici le 26 février pour encadrer l'aide médicale à mourir au Canada. Photo Archives / Agence QMI

Guillaume St-Pierre

OTTAWA - La décision du gouvernement Trudeau de forcer ses députés à suivre la ligne de parti pour faire adopter une loi encadrant l'aide médicale à mourir crée un certain malaise dans ses rangs.

«J'aimerais être certain que je respecte les valeurs et les opinions de tous mes concitoyens», a affirmé mardi le député de Winnipeg-Centre, Robert Falcon-Ouellet.

Selon l'élu du Manitoba, les autochtones, nombreux dans sa circonscription, sont particulièrement sensibles aux questions touchant au suicide assisté.

«Moi je viens d'une communauté autochtone qui peut avoir des différences d'opinions là-dessus», car le suicide est un sujet «difficile», a-t-il confié.

Le malaise était aussi palpable chez d'autres députés qui se sont faits avares de commentaires, dont l'Ontarien John McKay.

À l'inverse, le député de Québec, Jean-Yves Duclos, n'hésite pas à se ranger derrière la ligne de parti quant à l'aide médicale à mourir, qui, dit-il, relève de la Charte canadienne des droits et libertés.

«Quand je me suis présenté comme candidat, j'ai (senti le besoin) de respecter certaines conditions, a-t-il affirmé. Une des conditions est que pour les votes qui ont trait à la Charte, je dois annoncer dès le départ que je voterai en faveur.»

La ligne de parti imposée

Le whip en chef du gouvernement, Andrew Leslie, a martelé que la plateforme libérale est claire: la ligne de parti est imposée lorsqu'il s'agit de questions touchant à la Charte.

«C'est dans notre plateforme et on doit respecter la décision de nos juges au niveau fédéral», a déclaré M. Leslie.

Un comité formé de députés et sénateurs déposera ses recommandations d'ici le 26 février pour encadrer l'aide médicale à mourir au Canada. Le Parlement a jusqu'au mois de juin pour adopter une loi en ce sens.

Selon le député conservateur Gérard Deltell, l'imposition de la ligne de parti dans les rangs libéraux vient «foutre en l'air» le travail des parlementaires.

«Toute l'expérience qui devait se faire de façon positive et de façon conciliante pour trouver un consensus vient malheureusement de s'effondrer parce qu'on sait que ça va finir par un vote partisan», a-t-il déclaré.

Le jugement Carter de la Cour suprême, qui autorise l'aide médicale à mourir, prendra effet le 6 juin.

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