Diane Tremblay
Agence QMI

Le Canada manque d'ambition, selon Jean Charest

Le Canada manque d'ambition, selon Jean Charest

Jean Charest. Photo Archives / Agence QMI

Diane Tremblay

QUÉBEC - Le projet Énergie Est est engagé sur la mauvaise voie, estime l'ex-premier ministre du Québec Jean Charest, qui se montre favorable à la construction d'un oléoduc au Québec.

«Ce qu'on entend n'est pas le reflet de la réalité. On met beaucoup d'emphase sur les risques», a déclaré jeudi M. Charest devant la communauté d'affaires de Québec.

L'ancien premier ministre, qui est associé au bureau montréalais du cabinet d'avocats McCarthy Tétrault, était invité par Québec International à donner son point de vue sur les perspectives internationales pour 2016.

L'avenir du projet Énergie Est, évalué à 11 milliards $, ne peut pas dépendre uniquement de «simples objections», selon M. Charest. «Je ne suis pas satisfait de ce que j'ai entendu. Je ne suis pas satisfait de simples objections fondées sur des inquiétudes qui peuvent être légitimes, mais qui ont besoin d'être mesurées par rapport à d'autres types de risque.»

Appui à TransCanada

À l'époque où il dirigeait le Québec, M. Charest avait donné son appui au projet Keystone XL également piloté par TransCanada, qui devait acheminer du pétrole brut des sables bitumineux vers des raffineries du Texas. Le projet a été rejeté en novembre dernier par le président américain Barack Obama, après sept ans de débats.

«On a un gros problème au Canada. On est prisonnier du marché américain. On vend notre pétrole au rabais. On a perdu des milliards de dollars de revenus», a estimé M. Charest.

La construction d'un pipeline au Québec permettrait d'ouvrir la voie vers de nouveaux marchés tout en comblant un déficit commercial, a-t-il estimé. À lui seul, le Québec achète pour 3 milliards $ de pétrole sur les marchés étrangers, ce qui représente le plus important déficit commercial de son économie.

Réputation touchée

Les tergiversations sur ses grands projets n'aident pas à rétablir la réputation du Canada auprès des investisseurs étrangers, a poursuivi l'ex-premier ministre.

«La perception est que le Canada n'est pas capable de faire avancer ses projets. Les autochtones, les communautés, l'acceptabilité sociale, tout ça à cumuler. Ce sont des enjeux légitimes, mais dans le cas des pipelines, il faut un discours plus affirmatif. Il faut que les gouvernements passent du stade "On n'aime pas votre façon de faire" pour se demander si c'est un projet souhaitable. À mon avis, la réponse est oui.»

M. Charest, qui voyage beaucoup en Asie, ne mâche pas ses mots lorsqu'il dit que le Canada manque d'ambition. «Le Canada est un pays qui doit en faire plus au niveau du commerce. On doit investir plus dans les infrastructures. On doit tirer davantage de nos ressources énergétiques», a-t-il dit en terminant. 

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