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Ottawa maintient un contrat d'armes avec l'Arabie saoudite

Ottawa maintient un contrat d'armes avec l'Arabie saoudite

Photo d'archive d'un blindé léger de General Dynamics, à London, en Ontario. Photo Mike Hensen / The London Free Press / Agence QMI

OTTAWA - Le gouvernement canadien a toujours l'intention d'aller de l'avant avec un controversé contrat de vente d'armement à l'Arabie saoudite évalué à 15 milliards $ même s'il a réprouvé publiquement l'exécution de masse survenue dans ce pays en fin de semaine, rapporte le Globe and Mail.

Samedi, 47 personnes, dont un leader musulman chiite, ont été exécutées en Arabie saoudite, un pays à prédominance sunnite. L'exécution du cheikh Nimr al Nimr a exacerbé les tensions religieuses au Moyen-Orient depuis samedi, notamment entre l'Arabie saoudite et l'Iran, un pays principalement chiite.

«Le Canada craint particulièrement que l'exécution du cheikh Nimr al Nimr n'exacerbe les tensions sectaires dans la région, a déclaré, dimanche, le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion. Nous appelons les autorités saoudiennes ainsi que les dirigeants locaux et régionaux, y compris ceux de l'Iran, à travailler avec toutes les communautés pour désamorcer ces tensions et promouvoir la réconciliation.»

Dans la même déclaration, le ministre Dion a affirmé que «le Canada s'oppose à la peine de mort» et qu'il réprouve l'exécution des 47 personnes samedi.

Lundi, a rapporté le Globe and Mail, le bureau de M. Dion a précisé que cette position n'affectait pas le contrat de livraison de véhicules blindés à l'Arabie saoudite, un contrat étalé sur 14 ans garantissant quelque 3000 emplois au Canada.

«Une compagnie privée livre les biens en vertu d'un contrat signé avec le gouvernement de l'Arabie saoudite, a indiqué Adam Barratt, le directeur des communications au bureau du ministre Dion. Le gouvernement du Canada n'a pas l'intention d'annuler ce contrat.»

Le Globe a rappelé que les règles fédérales obligent Ottawa à vérifier si des livraisons d'armes dans des pays où le respect des droits de la personne laisse à désirer, comme l'Arabie saoudite, ne mettraient pas la population locale en danger.

Des groupes de défense des droits de la personne soutiennent qu'il est difficile d'imaginer que le contrat en question puisse passer le test. Certains militants disent que le gouvernement saoudien a envoyé au Bahreïn en 2011 des véhicules militaires construits au Canada afin de contrer un soulèvement populaire dans ce pays. Le gouvernement canadien ne nie pas que cela soit arrivé, mais dit qu'il ne croit pas que les véhicules ont servi à sévir lors de manifestations, a souligné le journal torontois.

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