Agence QMI

Ottawa: un déficit de 3 milliards $ cette année

Dernière mise à jour: 20-11-2015 | 14h02

OTTAWA - Le ralentissement de la croissance aura des conséquences sur les finances du gouvernement Trudeau. Le nouveau ministre des Finances Bill Morneau a annoncé vendredi un déficit de 3 milliards $ pour l'exercice financier en cours.

Le manque à gagner risque cependant d'être plus élevé puisque les prévisions budgétaires ne tiennent pas compte des promesses électorales libérales, dont les dépenses encourues par l'accueil des réfugiés syriens au pays.

Le directeur parlementaire du budget avait prévu un excédent de 1,2 milliard $. L'ancien gouvernement de Stephen Harper avait lui aussi envisagé un surplus cette année.

«L'économie ne performe pas aussi bien que ce qui a été anticipé dans le dernier budget», a soutenu le ministre Morneau en conférence de presse.

La mise à jour économique et budgétaire du gouvernement fédéral publiée vendredi signale que la croissance du PIB sera de 1,9 % par année en moyenne pour la période de 2015 à 2019, soit 0,2 % de moins que ce qu'avaient prévu les économistes du secteur privé au moment du dépôt du dernier budget, au printemps 2015.

Ottawa anticipe aussi un déficit de 3,9 milliards $ en 2016-2017, de 2,4 milliards $ en 2017-2018 et de 1,4 milliard $ en 2018-2019. Le fédéral prévoit un surplus budgétaire de 1,7 milliard $ en 2019-2020, et de 6,6 milliards $ en 2020-2021.

Ces projections reposent sur le statu quo dans les politiques fédérales. Elles ne tiennent pas compte des dépenses occasionnées par les promesses libérales, dont les milliards de dollars promis dans les infrastructures au cours des prochaines années.

Durant la campagne électorale, les libéraux ont prévu que leurs engagements électoraux engendreraient un déficit de 9,9 milliards $ en 2016-2017, et de 9,5 milliards $ l'année suivante.

Les projections annoncées vendredi ne tiennent pas compte, a tenu à préciser le gouvernement libéral, des retombées économiques venant des investissements dans les infrastructures.

«Nous devons nous concentrer sur la croissance. Notre programme de dépenses dans les infrastructures et de baisse d'impôts pour la classe moyenne est la bonne façon d'affronter la lenteur économique», a souligné le ministre des Finances.

Le ministre Morneau a affirmé que le gouvernement honorera ses promesses au cours des quatre prochaines années, mais il sera prudent dans ses décisions. Le ministre ne s'est pas avancé sur de possibles coupes dans des services gouvernementaux.

«Le parcours qui nous attend est rempli de défis, mais il est aussi rempli de possibilités», a-t-il indiqué.

La mise à jour économique et budgétaire indique aussi que le ratio de la dette fédérale au PIB qui est de 31,1 % en 2015-2016 devrait se replier au cours des prochaines années pour atteindre 25,2 % en 2020-2021.


Réactions de l'opposition

L'opposition conservatrice à Ottawa affirme que la fragilité économique nécessite une gestion prudente et responsable des finances publiques afin de protéger l'économie canadienne de l'instabilité venant d'autres pays.

«Pour le bien des contribuables canadiens et la sécurité financière à long terme du pays, nous pressons le gouvernement de protéger notre économie, et de ne pas laisser le déficit grossir au point où on perd le contrôle», a plaidé Lisa Raitt, porte-parole de l'opposition officielle en matière de Finances.

«Nous ne croyons pas que c'est en augmentant les déficits et en dépensant plus que nous allons créer la prospérité au Canada», a renchéri Maxime Bernier, critique de l'opposition officielle en matière d'Innovation, Sciences et Développement.

«Si les libéraux veulent respecter leurs engagements, ils devront faire des coupes. La question est de savoir quelles coupes budgétaires attendent les Canadiens en fin de compte», a continué le député conservateur.

Du côté du NPD, on demande aux libéraux de maintenir leurs engagements électoraux, notamment en matière d'infrastructures parce qu'ils auront une répercussion positive sur l'économie, a précisé le porte-parole du NPD en matière de Finances, Guy Caron.

«Nous demandons au gouvernement de tourner le dos aux compressions et à l'austérité qui nuisent aux familles, et de demander aux entreprises les plus riches de contribuer à la hauteur de leurs moyens», a signalé M. Caron.


Quelques chiffres :


Croissance du PIB réel :
2,4 % en 2014
1,2 % en 2015
2,0 % en 2016

Total des revenus budgétaires, en milliards $ :
2014-2015 : 282,3
2015-2016 : 288,4
2016-2017 : 298,2
2017-2018 : 309,0
2018-2019 : 322,6
2019-2020 : 336,8
2020-2021 : 351,8

Total des charges budgétaires, en milliards $ :
2014-2015 : 280,4
2015-2016 : 291,4
2016-2017 : 302,2
2017-2018 : 311,4
2018-2019 : 324,0
2019-2020 : 335,0
2020-2021 : 345,2

Surplus/Déficit, en milliards $ :
2014-2015 : 1,9
2015-2016 : -3,0
2016-2017 : -3,9
2017-2018 : -2,4
2018-2019 : -1,4
2019-2020 : 1,7
2020-2021 : 6,6

Transferts en santé, en milliards $:
2014-2015 : 32,1
2015-2016 : 34,0
2016-2017 : 36,1
2017-2018 : 37,2
2018-2019 : 38,9
2019-2020 : 40,6
2020-2021 : 42,3


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