Dominique La Haye
Agence QMI

Bras de fer à saveur syndicale au Sénat

Bras de fer à saveur syndicale au Sénat

Leo Housakos, président du Sénat.Photo Reuters

Dominique La Haye

OTTAWA - Les sénateurs conservateurs et de l'opposition se livrent un bras de fer à la Chambre haute sur le sort du controversé projet de loi visant à forcer les syndicats à rendre publics leurs états financiers partout au pays.

Les sénateurs conservateurs ont même usé de leur majorité vendredi pour annuler une décision rendue par le président du Sénat, Leo Housakos, et ainsi accélérer l'adoption de la mesure législative C-377 parrainée par un député conservateur.

Le président du Sénat s'était rangé derrière l'argument de l'opposition et d'une décision rendue par son prédécesseur voulant que les projets de loi émanant d'un député, contrairement à ceux relevant du gouvernement, ne soient pas soumis à une limite de temps de débat.

Si le projet de loi a déjà franchi le cap de la Chambre des communes, où les conservateurs sont majoritaires, il se bute maintenant à l'opposition des sénateurs libéraux qui se disent prêts à retarder l'ajournement des travaux du Sénat pour en débattre tout l'été.

Le projet de loi devrait maintenant être soumis à un vote au début de la semaine prochaine avec une limite de temps pour les débats.

Le sénateur libéral Serge Joyal a reproché à ses collègues conservateurs de censurer leur propre président nommé tout récemment par le gouvernement Harper. «Ça équivaut carrément à remettre en cause l'intégrité et l'honnêteté du président dans les décisions qu'il rend pour maintenir l'équilibre dans le débat démocratique», a-t-il dit.

Le leader du gouvernement au Sénat, Claude Carignan, a pour sa part rétorqué qu'il ne s'agissait pas d'une atteinte au président.

«C'est une question d'opinion sur quelles sont les règles», a-t-il rétorqué. Il a accusé à son tour les sénateurs libéraux d'utiliser «de vieilles tactiques archaïques» en voulant faire de l'obstruction et retarder l'adoption du projet de loi.

«Évidemment je ne suis pas content, mais c'est leur choix, nous vivons dans une démocratie», a pour sa part déclaré le président Housakos.

Les sénateurs libéraux font falloir que C-377 est un «mauvais projet de loi». Ils soulignent que sept provinces représentant 81 % de la population, incluant le Québec, s'y opposent, jugeant que cette mesure est inconstitutionnelle et s'ingère dans leur champ de compétences.

Au moins une sénatrice conservatrice, Diane Bellemare, entend voter contre le projet de loi, estimant qu'il est mal ficelé.

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) a pour sa part réagi vendredi en dénonçant le projet de loi.

«Sans équivalent chez les employeurs, le projet de loi C-377 tente de contourner les dispositions de la constitution canadienne en matière de relations de travail et vise à déséquilibrer le rapport de force entre les travailleurs et les employeurs, a fait valoir le président du SPGQ, Richard Perron.

Aussi sur Canoe.ca



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos