Le BAPE va mener une consultation élargie sur la question


Charles Lecavalier

QUÉBEC - Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) va mener une consultation élargie sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste. De plus, le gouvernement Marois va déposer d'ici deux semaines un moratoire sur l'exploitation de cette ressource controversée dans les basses-terres du Saint-Laurent.

Le BAPE ne se penche pas normalement sur une filière énergétique particulière. Son mandat est plutôt d'examiner des projets spécifiques.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, avait toutefois affirmé en septembre dernier son intention de confier ce mandat à l'organisme, plus «indépendant» que le comité sur les gaz de schiste mandaté par les libéraux.

Ce comité avait d'ailleurs été sévèrement critiqué par les groupes environnementaux pour son «manque de crédibilité.» Il devait remettre son étude environnementale stratégique à la fin de l'année.

Mme Ouellet avait aussi déclaré qu'elle ne voyait «pas le jour où la technologie permettrait une exploitation sécuritaire» et qu'elle souhaitait «un moratoire complet» sur la question. L'exercice, selon les évaluations du gouvernement Marois, devrait durer entre quatre et huit mois.

Faire confiance au BAPE

«Mme Ouellet a émis une opinion qu'à bien des égards, je partage», a admis le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet en conférence de presse.

«Toute la démarche que je vous annonce aujourd'hui, au risque de vous décevoir, est de ne pas avancer sur mon opinion, mais d'avancer sur la base de données scientifiques», a-t-il ajouté par la suite.

Ainsi, s'il a transféré le mandat au BAPE, c'est parce que «les Québécois» et son propre gouvernement font «confiance à l'institution qu'est le BAPE» et qu'il «fallait une consultation plus large qui allait s'alimenter à même les études qui avaient été faites».

Moratoire en vue

Quant au moratoire annoncé, il remplace «un ensemble de restrictions réglementaires qui rendaient l'exploitation ou encore davantage l'exploitation complexe». «Nous transformons cet assortiment de contraintes en une décision à caractère législatif», a expliqué M. Blanchet.

Ce moratoire, si le projet de loi est adopté, se poursuivra «tant que l'Assemblée nationale n'aura pas disposé de la question».

La CAQ en faveur

Dans sa croisade pour instaurer un moratoire, le gouvernement Marois pourrait obtenir l'appui de la Coalition avenir Québec. «Tant qu'on n'aura pas une technologie sécuritaire pour l'environnement, on doit maintenir un moratoire», a-t-on affirmé au parti de François Legault.

Le Parti libéral accuse plutôt les péquistes de «refuser de prendre une décision basée sur la science» et de faire du «pelletage en avant».
Les groupes environnementalistes se sont réjouis de la décision.


Vidéos

Photos