Le patrimoine respecté
La façade en pierre de ce bâtiment unique de style château, bien visible sur la Grande Allée, sera préservée. Le respect du patrimoine a guidé les architectes, qui se sont inspirés des croquis d'origine. Les esquisses dévoilées, hier, révèlent un nouvel édifice à l'image de l'ancien, avec une touche de modernité. Des annexes avec une fenestration abondante seront aménagées à l'arrière (du côté des plaines d'Abraham), et du côté ouest.
La grande salle multifonctionnelle sera offerte en location pour divers événements. Le public peut s'attendre à une reproduction très fidèle de l'ancien toit, vu de l'extérieur.
À l'intérieur, des poutres en bois imposantes supporteront la nouvelle toiture. Le bois sera également mis en valeur sur les murs. Le Manège militaire abritera aussi les quartiers généraux des Voltigeurs et leur Musée, ainsi que des bureaux gouvernementaux.
Pas d'échéancier
Aucun échéancier n'a toutefois été avancé pour l'ouverture du nouveau Manège. Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a précisé qu'il désirait suivre le plan de match annoncé en 2010 par l'ex-députée conservatrice Josée Verner (qui a refusé de s'adresser aux médias sur place, hier).
«Nous maintenons le cap», a-t-il déclaré, lors d'un point de presse à la Citadelle de Québec en présence de nombreux dignitaires et des dizaines de militaires.
À l'époque, on prévoyait toutefois que la première pelletée de terre allait avoir lieu en 2014 et non en 2015. Sachant que les travaux de reconstruction et d'agrandissement devraient s'échelonner sur deux ans, l'inauguration est probable en 2017, année hautement symbolique pour le Canada. Le gouvernement fédéral voudra marquer le coup à l'occasion du 150e anniversaire de la Confédération.
M. Harper s'est réjoui de la renaissance d'un des «joyaux du Vieux-Québec», dont l'incendie a été causé par une puissante lampe halogène oubliée dans le grenier, en avril 2008. Il a également encensé le travail des pompiers, qui ont sauvé «presque tous les documents et objets exposés» au Musée.
Aux critiques quant aux retards du projet, M. Harper a répondu que son gouvernement était «déterminé à le faire d'une façon correcte», rappelant que la «reconstruction d'un site historique est toujours complexe.
Agnès Maltais invitée à la dernière minute
L'annonce très attendue du gouvernement conservateur sur le Manège militaire a eu lieu sur fond de controverse, vendredi, en raison de l'exclusion du gouvernement du Québec. Agnès Maltais a finalement été invitée à la dernière minute, mais n'a pu s'y rendre.
La ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale avait dénoncé, jeudi, qu'elle soit tenue dans l'ignorance par Ottawa sur la nature de l'événement. La rumeur de la conférence de presse se faisait alors persistante et aucun représentant du gouvernement péquiste de Pauline Marois n'avait reçu d'invitation.
«C'est un peu méprisant pour les gens de Québec, avait-elle pesté. J'ai beau être souverainiste, je représente le gouvernement du Québec dans la capitale nationale. Je pense que ça aurait été la moindre des politesses de nous aviser et de nous consulter.»
L'affaire a pris des proportions, forçant la main du cabinet Harper, qui a réagi à la polémique en invitant formellement Mme Maltais, quelques heures avant l'annonce. Elle n'a pu, toutefois, y assister en raison d'un conflit d'horaire puisqu'elle participait à une annonce en Beauce avec le ministre... conservateur Maxime Bernier.
«Pas disponible»
«C'est une annonce fédérale, évidemment, mais j'ai dit qu'on devrait inviter la ministre régionale du gouvernement du Québec. On m'a dit qu'elle n'est pas disponible», a simplement répondu Stephen Harper.
«On n'avait pas cru bon d'inviter des représentants du gouvernement du Québec, a reconnu son attaché de presse, Carl Vallée. Ceci étant dit, on a vu la réaction et on a décidé, de bonne foi, de les inviter. Ça nous aurait fait plaisir de la voir ici.»
Dans l'entourage de M. Harper, on a assuré au Journal que des contacts avaient été établis avec le cabinet de Mme Marois au préalable et que l'information avait bel et bien été transmise à l'avance au gouvernement. Vérification faite, le PQ dit avoir lui-même entamé une démarche pour obtenir l'information, qu'il a obtenue en soirée, la veille de l'annonce, après que les journaux eurent éventé la nouvelle.
Mme Maltais a répété ses doléances de la veille, mais s'est dite prête à donner la chance au coureur pour la prochaine fois, désirant de toute évidence mettre fin à cette controverse. «Le gouvernement fédéral a essayé de se rattraper, a-t-elle réagi. Un peu tard peut-être, mais il y a eu une tentative d'effacer ça et de commencer sur une meilleure note... c'est bien.»