Huguette Young
Agence QMI

Démission de Rona Ambrose réclamée


Huguette Young

OTTAWA - Incapable d'assumer son rôle de veiller aux intérêts des femmes, la ministre des Travaux publics et responsable de la Condition féminine, Rona Ambrose, doit démissionner selon la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et la Fédération du Québec pour le planning des naissances.

Les deux organismes en ont fait la demande au lendemain de la décision de Mme Ambrose de voter en faveur de la motion 312, qui vise à définir le statut juridique du fœtus.

«Nous n'avons plus confiance en Madame Ambrose, ont plaidé la présidente de la Fédération des femmes Alexa Conradi et sa collègue de la Fédération pour le planning des naissances, Sophie de Cordes. En refusant de défendre les droits fondamentaux des femmes, elle n'a plus de légitimité. Ainsi, elle doit démissionner de ses fonctions.»

À Québec, la ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais, s'est dite très « inquiète » du choix de Mme Ambrose, à qui elle a demandé des explications. Un entretien téléphonique devait avoir lieu incessamment à ce sujet, a confirmé une porte-parole de Mme Maltais.

Appuyée par huit ministres du gouvernement de Stephen Harper et deux secrétaires parlementaires, la motion de Stephen Woodworth qui cherchait à définir le statut juridique du fœtus a été battue lors d'un vote mercredi aux Communes. Le premier ministre Harper a voté contre, mais il n'avait pas imposé de mot d'ordre à ses députés.

Interviewée à ce sujet, Mme Conradi a signalé que Mme Ambrose avait le droit d'être personnellement contre l'avortement, mais non d'imposer ce choix à d'autres femmes.

«Même dans un vote libre, elle est toujours la ministre». Et à ce titre, elle doit appuyer le jugement de la Cour suprême du Canada qui a statué que les femmes avaient le droit de disposer de leur corps. « Et elle a failli à sa tâche.»

Ce geste de Mme Ambrose est resté sans explications. Dans plusieurs dossiers, la ministre s'était prononcée en faveur des droits des femmes, contre l'existence de cliniques de sélection du sexe, par exemple, pratiques jugées discriminatoires envers les femmes.

Aux Communes, Mme Ambrose s'est faufilée lorsque le bloquiste André Bellavance lui a demandé si elle allait démissionner, «ayant rompu le lien de confiance avec les femmes».

Elle a eu pour toute réponse que le gouvernement Harper avait financé au-delà de 550 projets sur deux ans pour lutter contre la violence faite aux femmes.

Dans l'entourage du premier ministre Harper, on aimerait bien tourner la page.

«La Chambre a voté. C'est le temps de passer à autre chose», a laissé tomber l'attaché de presse de M. Harper, Carl Vallée.

Ce n'est pas ce que Stephen Woodworth a en tête. Il a promis jeudi de revenir à la charge en multipliant les discours sur les droits du fœtus à gauche et à droite. Un autre député conservateur doit déposer une motion condamnant les avortements sélectifs.

Le groupe ProWomanProLife a félicité Mme Ambrose de son initiative.




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