OTTAWA - Le gouvernement Harper ferme la porte à la promesse électorale du nouveau gouvernement Marois de rapatrier le programme d'assurance-emploi au Québec.
«Depuis 1940, le système d'assurance-emploi est une compétence fédérale», a dit mardi la ministre fédérale des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, lorsqu'elle a été interpellée par le député bloquiste Jean-François Fortin, durant la période de questions.
«Je ne pense pas qu'on a le mandat de démanteler le gouvernement fédéral. C'est clairement une juridiction fédérale», a pour sa part renchéri le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Christian Paradis.
Ce dernier a fait valoir que son gouvernement était ouvert à l'idée de conclure des «ententes administratives» avec les provinces, mais «pas au risque de démanteler la fédération».
Durant la campagne électorale provinciale, Pauline Marois s'était engagée à mettre en place un régime québécois d'assurance-emploi.
La promesse péquiste s'inscrivait notamment dans la foulée de la controversée réforme d'assurance-emploi annoncée par le gouvernement Harper au printemps dernier.
Les changements proposés avaient été accueillis froidement, notamment par les travailleurs saisonniers.
Le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, estime que le gouvernement Harper a manqué une «deuxième occasion» de montrer sa «bonne foi» envers le nouveau gouvernement péquiste.
Les néo-démocrates et les libéraux fédéraux estiment pour leur part que le programme d'assurance-emploi doit rester au fédéral.
Selon le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, le gouvernement Marois n'a pas encore fait la démonstration qu'il aura les «moyens de bonifier le régime» en le rapatriant.
«On trouve que comme n'importe quelle caisse d'assurance, plus on est nombreux, plus c'est efficace, plus on est forts et plus il y a de contributions», a-t-il indiqué.
Le député libéral fédéral Marc Garneau estime aussi que le rapatriement du programme ne serait pas à l'avantage des Québécois qui, a-t-il souligné, reçoivent plus de prestations qu'ils ne paient de cotisations.