OTTAWA – Le gouvernement fédéral accueille avec un grain de sel les réprimandes d'un représentant de l'ONU concernant la situation à la réserve autochtone d'Attawapiskat.
Le rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones à l'ONU, James Anaya, a critiqué mardi le gouvernement Harper au sujet des conditions de vie des Autochtones dans cette réserve du nord de l'Ontario.
«La situation sociale et économique à Attawapiskat semble représenter la réalité dans de nombreuses collectivités des Premières Nations vivant dans les réserves partout au Canada, ce qui s'apparente aux conditions du tiers-monde, a déclaré M. Anaya dans un communiqué. Je vais surveiller de près la situation de la Première Nation d'Attawapiskat et d'autres communautés autochtones au Canada.»
«Notre gouvernement va corriger les inexactitudes dans cette déclaration», a annoncé la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Michelle Yao. Elle a souligné que la déclaration de M. Anaya mentionnait que Lawrence Cannon est ministre des Affaires étrangères, ce qui n'est pourtant plus le cas depuis sa défaite aux élections du 2 mai.
«Nous nous intéressons aux besoins des résidants d'Attawapiskat, pas aux coups d'éclat», a ajouté Mme Yao.
L'Assemblée des Premières Nations a demandé à l'ONU d'évaluer les conditions dans la réserve d'Attawapiskat, le 6 décembre dernier, au lendemain de la décision d'Ottawa de nommer un tiers pour évaluer la crise du logement et enquêter sur les dépenses.
La réserve compte environ 1800 habitants et elle a reçu 90 millions $ en financement fédéral au cours des cinq dernières années. Beaucoup de familles vivent dans des cabanes non chauffées, sans eau courante.