Huguette Young
Agence QMI

Cérémonie émouvante pour Jack Layton

Funérailles nationales - Cérémonie émouvante pour Jack Layton

Le cercueil de Jack Layton, à son arrivée au Roy Thomson Hall, à Toronto. © Craig Robertson / Agence QMI


Huguette Young

Dernière mise à jour: 27-08-2011 | 18h55

Le chef néo-démocrate Jack Layton, décédé lundi dernier, a eu droit à des funérailles nationales d’envergure, samedi, à Toronto, avec, au rendez-vous toute la gamme des émotions.

La tristesse y était bien sûr palpable, mais aussi l’admiration et l’enthousiasme du public face aux valeurs de M. Layton articulées autour «d’un Canada plus inclusif et plus généreux».

Les quelque 2300 personnes qui s’étaient rassemblées dans le Roy Thomson Hall, équivalent torontois de la Place des Arts de Montréal, ont écouté attentivement les différents orateurs et chanteurs montés sur scène pour rendre hommage à M. Layton. Les gens ont ainsi, par moment, pleuré, ri, applaudi et lancé des cris de joie au cours de l’intense cérémonie.

L’éloge funèbre de l’ex-envoyé spécial de l’ONU en Afrique et ancien chef néo-démocrate ontarien Stephen Lewis a touché le cœur des invités. Il a évoqué les valeurs profondes de M. Layton énoncées dans sa lettre aux Canadiens.

«Concentrons-nous sur les dernières lignes de cette lettre sur l’amour et l’espoir, a-t-il lancé. Cette lettre était au fond un manifeste en faveur de la social-démocratie.»

La foule s’est alors déchaînée. Des applaudissements à tout rompre ont éclaté. Des hourras de la salle tranchaient le silence qui régnait jusque-là.

Tout au long de ce service, plusieurs ovations debout ont souligné l’apport de cet homme que les Québécois appelaient tout simplement «Jack».

«Un gars aussi à l’aise à négocier avec les premiers ministres qu’il l’était à réconforter les sans-abri, a enchaîné son attaché de presse de longue date, Karl Bélanger. Un gars qui savait manier aussi bien l’harmonica que le micro, aussi confortable à la chambre de commerce qu’à la taverne du coin.»

Pour sa part, le fils de Jack Layton, Michael Layton, conseiller municipal de la Ville de Toronto, a reconnu que son père n’avait jamais «emprunté le chemin facile». Il était convaincu qu’il était possible de faire des changements «pour améliorer le sort des gens», a-t-il relaté.

«Ce que les gens ne savaient pas, c’est qu’il était encore plus généreux avec nous, avec son temps, son attention et son avenir», a renchéri Sarah Layton.

Attristée, Olivia Chow, la veuve de jack Layton, elle-même députée néo-démocrate, a incité les gens à faire triompher les idées de son mari.

«Regardons en avant», a-t-elle plaidé dans une vidéo commémorative qui a été présentée durant la cérémonie, samedi.

Mme Chow avait été spontanément applaudie par la foule avant la cérémonie, dès son arrivée au Roy Thomson Hall accompagnée des enfants de M. Layton, Sarah et Michael et de la bien-aimée petite-fille de M. Layton, Beatrice.

Au début de la cérémonie, une prière autochtone a donné le ton à cet événement empreint de dignité, entrecoupé des paroles inspirantes de la chanson Croire d’un artiste admiré par M. Layton, le rocker québécois Martin Deschamps. La livraison vibrante de la chanson Hallelujah du poète Leonard Cohen par Steven Page, ex-membre du groupe Barenaked Ladies, a également fait frissonner la foule.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, a raconté à quel point il admirait les idéaux de Jack Layton, «un homme du peuple», sa faiblesse pour la diversité et son éternel optimisme. «Il ne faut pas que rêver de petits rêves», a-t-il conclu, en remettant une plume à Mme Chow.

Enfin, le révérend Brent Hawkes a évoqué la rencontre qu’il avait eue avec M. Layton en juillet pour organiser les funérailles du chef néo-démocrate, plan qu’il avait soigneusement remisé «au classeur». «Et on a espéré que nous n’aurions pas à nous en servir avant plusieurs années.»

Ce rêve ne s’est pas réalisé; M. Layton est décédé lundi des suites d’un cancer.



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