Mathieu Turbide
Journal de Montréal

La légende du bon Jack

Mathieu Turbide

Jack Layton a tout pour devenir une légende, une sorte de James Dean de la politique canadienne.

Quelques mois seulement après avoir réalisé l'exploit inimaginable de faire élire 103 députés, dont 59 Québécois, Jack Layton disparaît en pleine gloire, au moment où il atteignait presque le sommet de la montagne.

Dans l'imaginaire populaire, le sympathique moustachu, le «bon Jack» avec qui on aurait tous voulu aller prendre une bière, conservera une aura unique : celle d'un politicien qui ne nous aura jamais déçus... faute de temps.

Il faut bien l'admettre, Jack Layton était essentiellement un politicien d'opposition, et qui savait mieux que tous les autres se placer dans la peau du citoyen ordinaire. C'était sa force. Peu de politiciens sont capables de rester si humains, souriants et authentiques lorsqu'ils sont happés par la machine.

Il aura réussi à prouver qu'en politique, l'authenticité peut finir par payer.

UN HÉRITAGE FLOU

Toutefois, l'héritage politique de Jack Layton est plus difficile à cerner.

L'équipe néodémocrate qui a été élue le 2 mai dernier et qui affrontera le gouvernement conservateur majoritaire de Stephen Harper, ce n'est pas vraiment la sienne. Affaibli par la maladie, il n'a jamais eu le temps de la structurer ni de former les dizaines de jeunes députés qui ont été élus, un peu par surprise.

Tout reste donc à faire pour le NPD et le futur chef qui sera choisi au cours des pro-chains mois.

MULCAIR EN BONNE POSITION

Évidemment, tous les yeux se tournent maintenant vers Thomas Mulcair, le lieutenant québécois de Jack Layton.

Le député d'Outremont et ex-ministre libéral provincial, est non seulement parfait bilingue, mais il a aussi l'expérience des caucus et du pouvoir.

Les «purs et durs» du NPD, d'une gauche plus radicale, se méfieront peut-être de lui, mais Mulcair contrôle la majorité du caucus du NPD, grâce à ses 58 collègues du Québec, tous des recrues qui le voient déjà un peu comme leur mentor. Il sera difficile à battre dans une éventuelle course à la chefferie.

Une chose est certaine, si Mulcair parvient à la tête du NPD, les rumeurs de fusion entre le NPD (dirigé par un ex-libéral) et le PLC (dirigé par Bob Rae, un ex-NPD) se feront de plus en plus insistantes.



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos