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Fédérales 2011

Battu, Gilles Duceppe annonce sa démission


Guillaume Picard
Agence QMI
02/05/2011 23h55
Fédérales 2011 - Battu, Gilles Duceppe annonce sa démission

M. Duceppe a annoncé qu'il tirait ses fonctions alors qu'il s'adressait à ses militants à Montréal.
© Pierre-Paul Poulin/ Journal de Montréal

MONTRÉAL – La grande région de Montréal n’a pas échappé à la percée historique du Nouveau Parti démocratique au Québec, seuls quelques châteaux forts libéraux étant épargné par la vague orange.

Le principal perdant, le chef Gilles Duceppe, élu sans interruption depuis 1990, a été battu dans sa circonscription de Laurier-Sainte-Marie par la néo-démocrate Hélène Laverdière, une nouvelle venue en politique.

M. Duceppe a annoncé qu'il démissionnait de ses fonctions alors qu'il s'adressait à ses militants, à Montréal.

«Les libéraux et les conservateurs ont aussi été rejetés par les Québécois. Le Québec a voulu donner une dernière chance à un parti fédéraliste. Je respecte ce choix et j’en assume la responsabilité, au nom du Bloc québécois. En conséquence, j’annonce que je quitte mes fonctions, a lancé M. Duceppe à ses partisans. Je vous quitte, mais d’autres suivront jusqu’à ce que le Québec devienne un pays.»

Le parti souverainiste fondé par Lucien Bouchard a remporté six majorités consécutives au Québec et a été relégué au dernier rang lundi soir, alors que seulement trois candidats étaient en avance en fin de soirée. Ils étaient 47 bloquistes à siéger dans la capitale fédérale avant le déclenchement des élections.

«Cette fois, les Québécois ont voulu essayer autre chose», a mentionné Gilles Duceppe, dont la formation a perdu son statut de parti officiel à la Chambre des communes, une véritable gifle pour le chef bloquiste, qui reviendra d’Ottawa après 21 ans passés sur la colline parlementaire.

M. Duceppe a été le premier député bloquiste élu au lendemain de l’échec du l’Accord du Lac Meech, en juin 1990, et il aura dirigé le Bloc québécois pendant 14 ans.

Montréal voit orange

Sur l’île de Montréal, le Nouveau Parti démocratique a fait élire ses candidats Thomas Mulcair (Outremont), Alexandre Boulerice (Rosemont-La-Petite-Patrie), Marjolaine Boutin-Sweet (Hochelaga), Tyrone Benskin (Jeanne-Le Ber), Ève Péclet (La Pointe-de-l’Île), Hélène Leblanc (LaSalle-Émard), Isabelle Morin (Notre-Dame-de-Grâce-Lachine) et Lysane Blanchette-Lamothe (Pierrefonds-Dollard).

Joanne Corbeil (Westmount-Ville-Marie) a battu l’ex-astronaute Marc Garneau, lieutenant de Michael Ignatieff au Québec.

«On sentait un désir profond pour le changement, a dit Thomas Mulcair. Le NPD a entendu et compris les Québécois. Mettre les travailleurs et leurs familles à l’avant-plan, limiter les taux d’intérêt abusifs des cartes de crédit, en éliminer la pauvreté chez les personnes âgées, ou encore tenir tête aux grands pollueurs en cessant de les subventionner.»

Seule la bloquiste Maria Mourani était en avance en fin de soirée, tous ses collègues ayant été battus dans la métropole.

Les libéraux Stéphane Dion (Saint-Laurent-Cartierville), Massimo Pacetti (Saint-Léonard-Saint-Michel), Justin Trudeau (Papineau) ont tous été réélus dans leurs forteresses libérales, alors que Denis Coderre (Bourassa) et Francis Scarpaleggia (Lac-Saint-Louis) étaient en avance. Dans cette circonscription, les conservateurs avaient misé sur l’ex-président des Alouettes de Montréal, Larry Smith, pour faire une percée sur l’île de Montréal.

Dans Honoré-Mercier, le libéral Pablo Rodriguez tirait pour sa part de l’arrière contre Paulina Ayala du NPD.

Les néo-démocrates n’ont pratiquement rien laissé à leurs adversaires, profitant de la volonté de changement des électeurs. Plusieurs députés d’expérience ont tous été battus, notamment Mario Laframboise, Yves Lessard, Daniel Paillé, Diane Bourgeois et Bernard Patry.

Dans la couronne nord, les néo-démocrates José Nunez-Melo (Laval), François Pilon (Laval-Les Îles), Alain Giguère (Marc-Aurèle-Fortin), Rosanbe Doré Lefebvre (Alfred-Pellan), Charmaine Borg (Terrebonne-Blainville), Mylène Freeman (Argenteuil-Papineau-Mirabel), Marc-André Morin (Laurentides-Labelle) Jean-François Larose (Repentigny) et Laurin Liu (Rivière-des-Mille-Îles) ont tous été élus.

Au sud de la métropole, encore là des néo-démocrates ont obtenu la majorité des voix, eux qui formeront l'opposition officielle à Ottawa. C’est le cas d’Anne Minh-Thu Quach (Beauharnois-Salaberry), Hoang Mai (Brossard-La Prairie), Sylvain Chicoine (Châteauguay-Saint-Constant), Sadia Groguhé (Saint-Lambert), Matthew Dubé (Chambly-Borduas) et Pierre Nantel (Longueuil-Pierre-Boucher).

À l’ouest de Montréal, Jamie Nicholls (Vaudreuil-Soulanges), aussi du NPD, a battu Meili Faille du Bloc québécois.

 
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