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Fédérales 2011

Le NPD, opposition officielle?


Huguette Young
Agence QMI
22/04/2011 20h04
Fédérales 2011 - Le NPD, opposition officielle?

Le chef du NPD, Jack Layton.
© Agence QMI

OTTAWA – L’effet Jack Layton au Québec est bien réel, estiment des experts. Si la tendance se maintient, les néo-démocrates pourraient même déloger les libéraux comme l’opposition officielle aux Communes.

Les Québécois ont été séduits par Jack Layton, qui combat un cancer et qui se déplace avec une canne qui «rappelle la maladie de Lucien Bouchard», selon Jean-Marc Léger, de Léger Marketing.

«C’est ce qu’on appelle un coup de foudre, sauf qu’un coup de foudre, ça ne dure pas très longtemps parce que c’est très, très rare, souligne M. Léger. C’est historique ce qu’on est en train de vivre.»

D’après lui, avec plus de 30 % dans les intentions de vote, le NPD est en voie de dépasser son «meilleur score» de tous les temps au Québec: 14 % des voix au scrutin de 1988. Ce phénomène s’explique selon M. Léger par le désir de changement et la recherche «d’une troisième voie». Tout comme François Legault incarne une troisième voie au Québec, M. Layton incarne le changement sur la scène fédérale.

«En fin de compte, les gens ne sont ni à gauche ni à droite. Ce n’est pas parce qu’ils votent NPD qu’ils sont à gauche au Québec. C’est parce qu’ils veulent un visage qui est nouveau, rafraîchissant, positif.»

Cet éloignement des Québécois vis-à-vis du Bloc surprend. Or, cette baisse était prévisible, reprend M. Léger, parce que le vote populaire du Bloc a dégringolé au cours des trois dernières élections. Il est passé de 49 % des voix en 2004 à 42 % en 2006 et à 38 % en 2008.

Le Bloc québécois, qui dirige «une campagne pépère», inspire peu, croit M. Léger.

Au Québec, la remontée des néo-démocrates risque de nuire au Bloc en créant des luttes à trois ou à quatre dans plusieurs circonscriptions. Il est cependant trop tôt pour savoir si cette tendance se concrétisera dans les boîtes à scrutin. Quelle stratégie adopter?

Pris au dépourvu, le chef bloquiste Gilles Duceppe a maintenant Jack Layton dans sa mire.

Mais il devra y aller avec des gants blancs, croit Luc Dupont, expert en communications de l’Université d’Ottawa, en évitant d’utiliser «une rhétorique agressive pour démoniser M. Layton, un politicien qui profite d’un très fort capital de sympathie au Québec comme ailleurs au pays. Le ton devra être ajusté au risque d’apparaître déplacé.»

Le NPD fait des gains au Québec et en Colombie-Britannique, certes, mais c’est en Ontario que se joueront les élections. Si les néo-démocrates franchissent la barre de 20 % des voix en Ontario grâce à un transfert du vote libéral vers eux, cela divisera les voix et pourrait faire élire un gouvernement conservateur majoritaire.

Et l’opposition officielle pourrait être à la portée des néo-démocrates.

Reste à voir si M. Layton pourra maintenir cet élan. Sans organisation sur le terrain, dépourvu de candidats d’envergure – outre Thomas Mulcair –, sa campagne au Québec repose sur lui.

 
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