Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe
©Reuters/ Christinne Muschi
M. Duceppe a attaqué l’honnêteté de Stephen Harper, dimanche, en le traitant de «menteur récidiviste» et de «tromperie érigée en système».
Selon le chef bloquiste, lors de l’élection du 2 mai, les Québécois auront le choix entre la «vérité» ou le «mensonge».
«Ça se détricote tout le mensonge sur lequel il (M. Harper) veut faire reposer sa campagne», a-t-il déclaré.
M. Duceppe a ainsi réagi aux propos de son adversaire conservateur qui soutient n’avoir jamais eu l’intention de former une coalition en 2004 avec le Bloc québécois et le NPD pour renverser le gouvernement minoritaire libéral de Paul Martin.
M. Harper s'était défendu plus tôt dimanche en affirmant que la situation était différente, puisqu'il n'avait pas déposé de motion de défiance à l'époque.
Devant une foule partisane réunie à Bois-des-Filion, M. Duceppe s’est payé la tête du chef conservateur, agitant à nouveau la lettre à la gouverneure générale signée par les deux hommes et Jack Layton, du NPD, qui demandait de considérer toutes les options possibles et de consulter les partis d'opposition au cas où le premier ministre de l'époque, Paul Martin, souhaitait dissoudre le Parlement.
«Pour un gars qui ne voulait pas faire tomber le gouvernement, il écrit de drôle de choses. Je ne comprends pas qu’il ait écrit cela si ce n’était pas une de ses intentions», a-t-il déclaré.
Sans parler explicitement de «coalition», M. Duceppe soutient que l’option que le «deuxième» devienne premier ministre était considérée. Pour que cette option se concrétise, dit-il, il aurait bien fallu que M. Harper, alors chef de l’opposition officielle, fasse des «compromis» avec le Bloc et le NPD pour obtenir l’approbation de la majorité de la Chambre.
«Extrême droite»
M. Duceppe a par ailleurs assisté à l’investiture de la candidate Marie-France Charbonneau dans la circonscription de Marc-Aurèle Fortin, à Laval. Cette dernière tentera de succéder au député bloquiste sortant Serge Ménard.
Mme Charbonneau possède une longue expérience au sein du Bloc québécois et a été conseillère politique de M. Duceppe. Elle a déclaré que la souveraineté était «incontournable».
«La présence du bloc à Ottawa c’est une démonstration de l’échec du fédéralisme au Québec», a-t-elle soutenu.
Mme Charbonneau a déclaré que Stephen Harper avait un programme de droite et «ultra-conservateur».
La candidate s’est fait reprendre par son chef qui parle plutôt d’une «droite populiste rétrograde».
M. Duceppe a aussi profité de son deuxième jour de campagne pour prendre un bain de foule au marché Jean-Talon à Montréal où il a multiplié les poignées de main en compagnie du candidat bloquiste dans Rosemont-La-Petite Patrie, Bernard Bigras, et de la candidate dans Papineau, Vivian Barbot.