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Le débat des chefs

Un peu trop boy-scout

Caroline Roy
Journal de Montréal
02/10/2008 05h37
Le débat des chefs - Un peu trop boy-scout

Bernard Motulsky, spécialiste des relations publiques et de l’image, estime que le débat était moins formel.
Photo Le Journal - Pierre-Paul Poulin

Stéphan Bureau avait promis un débat plus «convivial». Oui, la convivialité était au rendez- vous. Mais peut-être un peu trop : les chefs ont même dû vanter leurs adversaires politiques. Un moment surréel au petit écran.

Un peu mal à l'aise, tous les chefs ont nommé une qualité de l'adversaire assis à leur gauche, à la suite d'une question d'un citoyen.

Une chance que les téléspectateurs ont eu droit à ce moment cocasse, car le débat ne levait pas beaucoup à la télé. Les cinq politiciens assis autour de la table manquaient souvent d'élan pour sortir les poings.

Dommage, ont dû se dire ceux qui apprécient les envolées des chefs.

Pendant ce temps, les participants de Loft Story, à TQS, n'ont eu aucun mal à avoir des répliques plus assassines que les politiciens.

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«Ils avaient l'air d'être en pénitence, comme s'ils n'étaient pas contents d'être là. Et c'était pire en ouverture du débat», lance la scénariste et réalisatrice Geneviève Lefebvre.

Prof d'école

Mais selon Bernard Motulsky, professeur en relations publiques à l'UQAM, les politiciens assis autour de la table donnaient une image moins formelle du débat.

«Ils ne regardaient pas juste la caméra. Ils bougeaient la tête et se regardaient entre eux», dit-il.

En contrôle, l'animateur Stéphan Bureau se prenait pour un professeur d'école, accordant le droit de parole aux chefs qui levaient la main en premier.

«Il ferait un excellent président de la Chambre des communes tellement il a réussi à éviter les débordements», dit M. Motulsky.

Pas d'élégance

Coté look : seul Stéphane Dion portait une cravate rouge. Les autres messieurs avaient opté pour la cravate bleue. Même la chef du Parti vert, Élizabeth May, avait choisi un veston bleu.

M. Dion a-t-il voulu convaincre les électeurs qu'il est le plus canadian de la gang ? «Je pense que c'était un clin d'oeil à ses partisans libéraux», dit M. Motulsky.

Selon Mme Lefebvre, les chefs manquaient de l'élégance qui caractérise Barack Obama et Bill Clinton. «Ils auraient pu se faire habiller par Dubuc. Leurs cravates étaient toutes rayées du même bord. Il leur faudrait une styliste», croit-elle.

Et qui avait l'air d'un vrai chef d'État à la télé ? «Harper et Duceppe, qui avaient l'air les plus détendus», répond M. Motulsky. «Ça paraît que Duceppe avait un père comédien. Il sait jouer avec la caméra», indique pour sa part Mme Lefebvre.

La plupart des questions étaient posées par des électeurs filmés dans la rue. Était-ce une bonne idée de les inclure ainsi dans le débat ? «Je suis un peu réticent aux vox populi. Ce n'est pas toujours en équilibre avec le reste du débat», estime M. Motulsky.

Le débat en anglais aura lieu ce soir. Il sera animé par Steve Paikin et diffusé à CTV, CBC, RDI et Global dès 21 heures.

Le dernier débat des chefs fédéraux, le 10 janvier 2006, a attiré 520 000 téléspectateurs à TVA et 335 000 à la SRC.