Certains nagent dans les eaux de la politique depuis de longues années, alors que d'autres fourbiront leurs armes pour la première fois à l'occasion des élections fédérales du 14 octobre. Qu'ils fassent partie de la première ou de la seconde catégorie, ils ont tous un point commun : ils veulent obtenir votre voix. Circonscription par circonscription et site Web par site Web, nous avons fouillé ces derniers pour apprendre à mieux connaître les prochains élus et les futurs battus. Notez qu'un astérisque précède les noms des députés sortants.
QUÉBEC
Christiane Gagnon -- bloc québécois
Même si la députée bloquiste règne sans partage sur Québec depuis 1993, son site Web personnel (www.christianegagnon.qc.ca) est bizarrement encore «en construction». Wikipédia nous apprend que la députée sortante vient de fêter son 60e anniversaire. Aussi, le site Web du Bloc rappelle que cette dernière est, depuis juin, la «responsable de la région de Québec pour le Bloc québécois». Seule bloquiste de la région à avoir pu résister à la «vague bleue» de 2006, Christiane Gagnon aura pour délicate mission de convaincre des électeurs qui pourraient être de nouveau tentés par le parti de Stephen Harper.
Myriam Taschereau -- parti conservateur
Elle a à son actif la première déclaration surprenante de la campagne. «Je m'attends à tout, sauf à une campagne difficile», a-t-elle dit au Journal, publié lundi. Sa biographie, présentée sur son site Web (www.myriamtaschereau.ca), précise qu'elle «se passionne pour les activités familiales, les rencontres entre amis, la cuisine, le golf et les voyages». N'hésitant pas à comparer la candidate Taschereau à la Josée Verner de la campagne de 2006, un stratège conservateur a affirmé au Journal que «le parti l'adore».
Damien Rousseau -- parti libéral
La candidature de Simon Bédard n'a finalement tenu que quatre jours. Pris dans une polémique sur de vieilles déclarations prononcées au moment de la crise d'Oka (il était animateur de radio au début des années 1990), il a été prié de se retirer de la course. Fait cocasse, la photo de Simond Bédard a été publiée, jeudi matin (11 septembre), sur le site Web des libéraux et en a été retirée précipitamment le même jour vers 16 h, trente minutes avant l'annonce officielle de son congédiement. Celui qui le remplace au pied levé est Damien Rousseau que le site Web des «rouges» présente comme «l'ancien directeur de l'information pour l'ensemble des publications de Médias Transcontinental à Québec, dont le Journal économique de Québec et le tout nouveau Québec Hebdo».
BEAUPORT-LIMOILOU
Sylvie Boucher -- parti conservateur
En janvier 2006, elle a battu le bloquiste Christian Simard sur le fil, grâce à une majorité de 820 voix. Sur son site Web (www.sylvieboucher.ca), la députée sortante s'emmêle un peu les pinceaux en affirmant «qu'en tant que fier Canadien (sic), je me présente comme candidat conservateur dans la circonscription de Beauport--Limoilou. Je me sens rempli d'un devoir envers ce pays qui nous a tant donné, à moi et à ma famille.» L'encyclopédie en ligne Wikipédia précise que Mme Boucher a deux filles adolescentes : Mélynda et Marie-Catherine.
Éléonore Mainguy -- bloc québécois
Au même moment où Stephen Harper se rendait à la résidence de la gouverneure générale pour déclencher les élections, la candidate bloquiste était en train... d'accoucher. La nouvelle maman du petit Alexandre (53 cm et 8 lb) a publié, en 2005, un livre fort remarqué intitulé Les jeux sont faits. Confessions d'une ex-croupière. Elle y soutient que Loto-Québec et les casinos se font de l'argent sur le dos des joueurs pathologiques.
Yves Picard -- parti libéral
Candidat dans cette même circonscription en 2006, il avait remporté à peine 10 % des suffrages exprimés. Il est décrit par le site Web libéral comme étant un «avocat de formation (et un) ancien président des Conseils arbitraux de l'assurance-emploi pour la division régionale du Québec (secteur Sainte-Foy), conseiller en placements et auxiliaire d'enseignement en droit du travail à la Faculté de droit de l'Université Laval». Vice-président de l'Association libérale fédérale de Charlesbourg-Jacques-Cartier, il a milité activement en faveur du Non au référendum de 1995.
CHARLESBOURG-HAUTE-SAINT-CHARLES
Daniel Petit -- parti conservateur
À l'élection de 2006, il avait battu le bloquiste Richard Marceau par 1 372 voix. Sur son site Web (www.danielpetit.ca), il signale qu'il est membre des Chevaliers de Colomb. Avocat, il est spécialiste en droit du travail et en droit administratif. À l'automne 2006, il avait dû présenter ses excuses après avoir fait un doigt d'honneur en pleine Chambre des communes. À la même période, il a suscité la controverse en faisant un lien entre la fusillade du Collège Dawson et l'intégration des immigrants au Québec. Étrangement, la partie relatant ce dernier épisode, sur la page Wikipédia consacrée à M. Petit, est tronquée.
Denis Courteau -- bloc québécois
Ce conseiller régional pour la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) tentera d'empêcher Daniel Petit d'obtenir un nouveau mandat. Ex-directeur national du Syndicat des travailleurs des postes, M. Courteau a été investi par le Bloc, dès la fin de 2006. À l'époque, le chef bloquiste, Gilles Duceppe, s'était félicité de «la première d'une série d'investitures qui nous permettront de reprendre l'initiative dans la grande région de Québec».
Denise Legros -- parti libéral
Surtout connue dans le paysage politique municipal, elle a tenté, en 2005, de devenir la conseillère du district des Sentiers, élection qu'elle a perdue par une poignée de voix, non sans avoir demandé (et obtenu) que les votes soient recomptés. Le site Web des libéraux la présente comme une «jeune femme d'affaire (sic) engagée dans sa communauté et dans le processus électoral». Elle a également travaillé dans l'immobilier auprès de la Défense nationale à la garnison de Valcartier et a été la présidente du programme d'aide aux employés de ce ministère. «Mme Legros, native de Saint-Pamphile de L'Islet, a toujours habité dans la région de Québec», rapporte la même source.
LOUIS-SAINT-LAURENT
Josée Verner -- parti conservateur
Sa campagne de 2004 l'a révélée au grand public. Malgré une défaite aux mains du bloquiste Bernard Cleary, elle réussit à obtenir 31,13 % des voix et, surtout, à montrer que la ville de Québec est prenable pour les bleus. Deux ans plus tard, cette mère de trois enfants remporte sa circonscription haut la main (57,67 %) et hérite de nombreux portefeuilles ministériels, dont celui du Patrimoine canadien, de la Condition féminine, des Langues officielles et la Francophonie. Durant la campagne électorale, son site Web (www.joseeverner.ca) est bizarrement fermé. Il est remplacé par www.verner2008.com, qui offre aux internautes un décompte des jours précédant l'élection.
France Gagné -- bloc québécois
Il a été le coordonnateur pour la capitale nationale de la candidature (malheureuse) de Pauline Marois à la direction du PQ, en 2005. Un article publié dans le Fil des événements, en 1997, décrit son handicap. «Handicapé visuel de naissance, France Gagné distingue les silhouettes, mais demeure toutefois incapable de distinguer un homme d'une femme, à cinq mètres de distance. S'il dispose d'une vision réduite à moins 15 % le jour, il n'y voit absolument rien sous un faible éclairage. Pourtant, cet étudiant (...) mène une carrière d'athlète de calibre international, détenant plusieurs titres mondiaux dans les disciplines du lancer du javelot, du disque et du poids».
Hélène Leone -- parti libéral
Certains stratèges libéraux ont présenté sa candidature comme «une des plus solides» de la région de Québec. En fouillant sur le Web, on découvre que cette artiste a sorti un album jazz, en 2005. Le titre de la cinquième chanson est Personne ne me touche comme toi. Le site Web libéral rapporte que Mme Leone vit en Colombie-Britannique depuis qu'elle a quatre ans. «Elle s'intéresse aux facteurs globaux influençant la situation des personnes en milieu minoritaire au pays», précise la même source. Fait à noter, la photo qui figure sur son profil Facebook diffère passablement de celle publiée sur le site Web des libéraux.