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À 24 heures du scrutin

Controverse sur sa maison

Le Journal de Québec
23/09/2007 07h38 

À 24 heures du scrutin - Controverse sur sa maison
Pauline Marois 
© Photo d'archives PC/Jacques Boissinot

À quelques heures de l'élection partielle dans Charlevoix, la candidate Pauline Marois et son époux se sont retrouvés au centre d'une controverse au sujet de leur maison principale à l'île Bizard, à l'ouest de Montréal.

C'est le quotidien montréalais The Gazette qui a soulevé l'affaire en manchette de son édition d'hier. Sous le titre «How estate was built on public, farm lands» (Comment le domaine a été construit sur des terres agricoles publiques) le quotidien soutient que M. Blanchet a obtenu en 1992, en recourant aux services de l'un de ses amis, Henry Walsh, qu'un terrain soit dézoné par la Commission de la protection du territoire agricole. Il aurait suffi, toujours selon The Gazette, de faire valoir qu'il y avait une maison toujours habitée sur ce lot pour obtenir le dezonage. Une fois vendu, ce terrain aurait été annexé à d'autres pour constituer le vaste domaine de 41 acres qui a permis la construction d'un luxueuse demeure dont la valeur excède 3 millions $.

Sprint

La nouvelle a rattrapé hier Mme Marois qui mène un sprint final pour se faire élire députée de Charlevoix demain. Dans l'entourage de la chef du Parti québécois on se serait bien passé de cette nouvelle si près du jour du vote. Mme Marois n'a pas commenté elle-même mais a fait savoir par le biais de sa directrice des communications, Christiane Miville-Deschênes, que l'affaire n'en resterait pas là et se retrouvera devant les tribunaux. Mme Marois nie formellement toutes les informations du quotidien anglophone.

«Le contenu de cet article est faux. M. Blanchet a d'ailleurs en mains les preuves pour contrer ces allégations. Il va demander à la Gazette de se rétracter à sa satisfaction. à défaut de quoi, il va les poursuivre» de réagir Mme Miville-Deschênes. Cette dernière s'interroge sur le «timing» de la publication de cette nouvelle. «On peut se questionner sur le moment choisi pour publier ces allégations à quelques jours du vote» de déplorer celle-ci.

Conrad

De son côté son adversaire adéquiste, Conrad Harvey, on sait que le Parti libéral n'a pas de candidat à cette partielle, a sommé Mme Marois de s'expliquer mais a éviter de commenter la nouvelle sur le fonds. «Je n'ai pas de commentaires à faire sur le contenu de l'article. Mais ce sont des allégations sérieuses si bien que Mme Marois et et M. Blanchet ont une obligation morale de réagir. Les faits invoqués sont majeurs. Si ce qui est dans le journal est faux, ils doivent le dénoncer clairement» de dire hier soir M. Harvey en entrevue au Journal.

Le candidat adéquiste joue de prudence. «J'ai mené une campagne sur des enjeux locaux. Ces informations ne viennent pas de nous, ce n'est pas l'approche de l'ADQ. D'ailleurs je n'ai pas commenté les informations sur le chalet de Mme Marois dans Charlevoix».

La visite de la résidence secondaire de Mme Marois dans le comté, où elle a ouvert les portes de sa maison aux caméras, avait aussi alimenté les discussions durant cette campagne électorale.

Des voisins stupéfaits

Plusieurs voisins de Pauline Marois à l'Ile-Bizard étaient stupéfaits devant les nouvelles révélations sur son domaine.

«Si c'est un terrain public qu'est-ce qu'elle fait là», lance avec étonnement Louis Lacroix qui réside sur la rue Joly adjacente au domaine de Mme Marois depuis 50 ans.

«Comment elle aurait pu s'approprier des terres du gouvernement? Est-ce qu'elle paye un loyer», ajoute-t-il.

L'incompréhension était aussi palpable à quelques résidences de là.

«Si c'est vrai, ce n'est vraiment pas correct. Si se sont des terres publiques ont devrait en faire un parc pour que les jeunes puissent en profiter», dit Annie Dupuis.

Mitigés

La nouvelle a même soulevé la colère chez certains citoyens du secteur.

«Ce n'est pas ok. C'est encore plus décevant de la part de quelqu'un qui dirige le Parti québécois», dit Leo-Paul Ganecik.

«Ça me fait capoter. Je ne serais pas surpris que ce soit vrai. C'est frustrant, surtout pour des gens qui ont de l'argent», lance une voisine qui préfère garder l'anonymat.

D'autres résidants n'y voyaient qu'un moindre mal.

«Je préfère que ce soit elle que l'autoroute 440», avoue Su Douglas.

Même son de cloche chez son voisin d'en face.

«Au moins c'est tranquille», dit Léo St-John.








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