Pierre Duchesne corrige le tir

Financement des universités - Pierre Duchesne corrige le tir

Le ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne.Photo Étienne Laberge / Agence QMI


Régys Caron

QUÉBEC - La réserve financière de 696 millions $ offerte aux universités n'est pas conditionnelle à ce qu'une entente survienne au sommet de février, a corrigé le ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne, au terme de la rencontre préparatoire tenue à Trois-Rivières.

«Les montants sont prévus et seront déployés. Je n'arrive pas en disant s'il n'y a pas d'entente il n'y aura pas d'argent, ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne. On croit au réinvestissement dans les universités et dans tous les scénarios il y aura réinvestissement», a déclaré Pierre Duchesne.

Ce faisant, le ministre rectifiait l'affirmation faite vendredi par sa sous-ministre, Christine Tremblay, qui avait soutenu que la «réserve» de 696 millions $ sur sept ans ne figurait pas au cadre budgétaire du gouvernement et que son attribution devait, au préalable, faire l'objet d'une entente au sommet sur l'enseignement supérieur prévu pour février. Sinon l'argent sera alloué à d'autres fins, avait-elle dit.

M. Duchesne coupait ainsi l'herbe sous le pied des députés de l'opposition qui l'avaient accusé de se livrer à un chantage à l'égard des universités. «On a un ministre qui fait miroiter une somme d'argent aux universités en leur disant : si vous ne vous mettez pas d'accord avec mes orientations, vous n'aurez pas cet argent-là. C'est du chantage», a dénoncé le député Gerry Sklavounos.

Le député de Laurier-Dorion a signalé que le gouvernement Marois devra couper ailleurs dans le budget pour dégager la somme de 696 millions $. Pour sa part, le député de la CAQ Stéphane Le Bouyonnec, a estimé que ces 696 millions sont pour l'instant de «l'argent virtuel».

La gratuité ou la rue

Par ailleurs, le gouvernement Marois, s'orienterait vers un scénario d'indexation des droits de scolarité, comme l'a suggéré l'économiste Pierre Fortin. «Ce qui est intéressant, il y a plusieurs modèles d'indexation, on peut indexer les droits de scolarité selon le coût de la vie, le revenu familial. Il y aura plusieurs options», a indiqué Pierre Duchesne.

Deux associations étudiantes, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) continuent pour leur part à privilégier le gel des droits de scolarité «dans une perspective de gratuité». Elles réclament également une bonification du régime de prêts et bourses.

Pour sa part, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) réclame la gratuité et croit que le sommet de février sera un échec. «Nous serons définitivement dans la rue pour appuyer notre revendication de la gratuité pendant le sommet parce que le gouvernement défend l'indexation comme position de compromis. C'est une idée qui vise à réconcilier deux visions irréconciliables», a souligné le porte-parole de l'ASSÉ Jérémie Bédard-Wien.


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