Malavoy presse les écoles d'agir


Jean-Luc Lavallée

QUÉBEC - La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, prend «très au sérieux» les conclusions du Vérificateur général sur la qualité de l'air dans les écoles primaires et presse d'agir les directions d'établissement.

«S'il est une chose qui est certaine, c'est que nos enfants ont le droit de respirer un air sain dans leurs écoles», a-t-elle affirmé à l'Assemblée nationale, vendredi, au lendemain du dépôt d'un rapport accablant, qui a suscité de l'inquiétude chez de nombreux parents. Le bilan «n'est pas réjouissant».

Le Vérificateur général, qui a visité des écoles au hasard, a relevé des taux anormalement élevés de dioxyde de carbone dans certaines classes et noté la présence de moisissures dans quatre écoles sur six.

Il a même découvert une présence «généralisée» d'excréments de souris dans une classe de maternelle. En résumé, l'entretien ménager était «négligé» dans cinq écoles sur six et la qualité de l'air ambiant laissait à désirer, ce qui peut entraîner des problèmes de santé.

«Il y a effectivement un problème d'entretien dans certaines écoles, a reconnu Mme Malavoy. Il y a des mesures qui peuvent être prises immédiatement. Ce sont des mesures d'entretien, de ménage auxquelles on va inciter les écoles à donner suite le plus rapidement possible avec la collaboration des commissions scolaires.Tout le monde comprend, par exemple, que faire l'entretien d'un système de ventilation, on peut le faire demain matin».

Formation d'un comité

Mme Malavoy a assuré qu'un nouveau comité sur cette question, formé récemment, est déjà à pied d'œuvre et a «commencé ses travaux cette semaine». Ce comité technique «va essayer de voir quelles mesures on peut prendre pour mieux entretenir, corriger, prévenir entre autres toute la question préoccupante des moisissures».

Critiques de la CAQ

Coalition avenir Québec, qui prône l'abolition des commissions scolaires, a ridiculisé ce comité. «Pour mieux gérer nos écoles, on n'a pas besoin d'un comité de plus, on a besoin d'une structure de moins», a plaidé le chef caquiste François Legault, qui reproche également au Parti Québécois de manquer de mordant envers les commissions scolaires. «C'est normal, la présidente de la commission scolaire de Montréal est au Conseil des ministres», a-t-il remarqué, faisant référence à la ministre Diane De Courcy qui présidait auparavant la Commission scolaire de Montréal.

«Est-ce qu'on a besoin des commissaires d'école pour laver des planchers?», a dit M. Legault, en s'adressant à la ministre de l'Éducation. «À l'évidence, Monsieur le Président, le chef de la deuxième opposition tourne les coins aussi ronds, dans ses arguments, qu'on l'a tourné pour faire le ménage de certains planchers», a-t-elle rétorqué.

La première ministre Pauline Marois lui a également fait remarquer que le rapport du Vérificateur général éclabousse l'administration libérale précédente. «C'est l'ancien gouvernement qui est responsable en partie évidemment, de ce que l'on constate malheureusement dans les écoles du Québec qui souffrent d'un déficit d'entretien.»


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