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Conflit étudiant

La 28e manifestation nocturne ne dégénère pas

Agence QMI 
Carol-Anne Massé
Avec la collaboration de Francis A.-Trudel
21/05/2012 21h26 - Mise à jour 22/05/2012 05h19

 
 
Conflit étudiant - La 28e manifestation nocturne ne dégénère pas
Les manifestants ont marché pour une 28e soirée consécutive. 
© Jocelyn Malette / Agence QMI

MONTRÉAL – Après plus de trois heures de marche, lundi soir, environ 3000 étudiants et sympathisants à leur cause ont entrepris d'aller protester devant la résidence du premier ministre Jean Charest, à Westmount, mais se sont ravisés à la dernière minute.

Vers 23 h 30, les policiers étaient sur un pied d'alerte, souhaitant empêcher la foule d'emprunter la rue du chef du gouvernement, à Westmount. Finalement, les manifestants se sont plutôt vers le boulevard Décarie, un peu plus à l'ouest.

Jusque-là, la 28e manifestation nocturne contre la hausse des droits de scolarité s'était déroulée dans une ambiance festive et sonore. Toutefois, dans ce secteur, la tension a commencé à monter. Des manifestants sont passés sur les terrains de résidants du coin, ce qui a causé quelques conflits. Un véhicule a également été la cible d'un méfait lorsqu'une roche a été projetée sur celui-ci. Des pièces pyrotechniques ont été utilisées, et des projectiles ont été lancés vers des domiciles et les policiers.

Plus tôt, vers 21 h 30, une centaine de manifestants ont obligé la Sûreté du Québec à bloquer la circulation sur le pont Jacques-Cartier pendant une dizaine de minutes.

Après un début de manifestation sans heurt, les policiers n'ont eu d'autre choix que de se placer à l'entrée du pont, puisque plus de 100 manifestants accouraient vers la structure, sur l'avenue De Lorimier.

Tandis que le gros de la manifestation poursuivait son chemin, les marcheurs à proximité du pont ont tenté de faire un « sit-in », sans que suffisamment de gens ne s'assoient pour que l'initiative soit un succès.

Il n'y a pas eu de confrontation avec les policiers, et les manifestants sont partis vers l'ouest peu de temps après.

La manifestation a été déclarée illégale après cet épisode. Les policiers ont toutefois décidé de la tolérer en raison du caractère pacifique de celle-ci.

Au total, deux arrestations ont eu lieu, probablement toutes deux en raison d'infractions au règlement municipal, a indiqué Daniel Fortier du Service de police de la Ville de Montréal.

Une seule vitrine a été fracassée, à l'intersection des rues Sherbrooke Ouest et Stanley.

Pour une 28e soirée consécutive, les étudiants et ceux qui leur sont solidaires s'étaient rassemblés plus tôt à la place Émilie-Gamelin afin d'entamer une manifestation dans les rues du centre-ville de Montréal.

Alors que se terminait une fin de semaine de trois jours ensoleillés, l'événement s'est mis en branle peu après 20 h 30 sur la rue Sainte-Catherine, vers l'est.

Peu avant 20 h 30, près de 200 personnes étaient arrivées aux environs du métro Berri-UQAM. Dans une ambiance calme, les gens se préparaient à manifester une fois de plus contre la hausse des droits de scolarité et la loi 78.

Peu avant minuit, la marche, dont le nombre de participants était grandement descendu, se poursuivait sur le boulevard Décarie. De nombreux marcheurs venaient de partir vers les stations de métro Villa-Maria et Lionel-Groulx.

La manifestation s'est terminée dans le calme aux alentours de 1 h 30, après que les participants soient retournés à leur point de départ.

Au plus fort de la marche, les manifestants étaient plus de 7000 dans les rues.

Sur les lieux, au début de la soirée, deux manifestants, Andressa et Patrice, ont qualifié la marche de «très pacifique et enjouée». Patrice a souligné le fait que les policiers se faisaient très discrets en ce lundi soir.

«Samedi, ils étaient à chaque coin de rue!» a dit Patrice. Le manifestant a avoué que la pression était moins forte lorsque les policiers étaient plus en retrait de la foule.

Croisé lors de l'événement, Vincent, étudiant à l'Université de Montréal, montrait ses couleurs d'une façon originale. Un énorme bouquet de ballons rouges à la main, il affirmait, comme bien d'autres, que le conflit a trop duré. Motivé, le jeune ne souhaite pas abandonner: «Il faut montrer qu'on n'a pas fait tout ça pour rien!»

Le SPVM a confirmé n'avoir reçu aucun trajet de la manifestation avant celle-ci.

(Avec la collaboration de Francis A.-Trudel)



 
 


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