QUÉBEC - Les discussions entre le gouvernement Charest et les associations étudiantes sont dans une impasse depuis que la ministre de l'Éducation Line Beauchamp a annoncé qu'elle excluait la CLASSE des négociations.
Les fédérations étudiantes collégiale et universitaire du Québec (FECQ et FEUQ) ont annoncé qu'elles suspendaient les discussions avec le ministère de l'Éducation immédiatement après que la ministre eut éjecté l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).
«On est extrêmement déçus que la ministre de l'Éducation court-circuite le processus de négociations alors que le délai de 48 heures qu'avait fixé Mme Beauchamp n'est pas terminé (...) Extrêmement déçus parce qu'on a l'impression qu'il n'y a pas de réelle intention de régler la crise», a déclaré le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin.
Pour la FECQ et la FEUQ, la CLASSE n'a rien à voir avec les actes de vandalisme commis en soirée mardi et mercredi à l'occasion de manifestations étudiantes dans la métropole. Les deux associations demeurent solidaires de la CLASSE.
À leur avis, le ministère de l'Éducation n'a pas démontré de volonté réelle de résoudre la crise au cours des quelque 40 heures de discussion qui ont eu cours depuis lundi.
«La ministre doit arrêter de jouer à la maîtresse d'école, de donner des punitions. Elle doit s'asseoir et négocier de bonne foi avec nous. Visiblement il n'y a aucune ouverture claire de la ministre», a dénoncé la présidente de la FEUQ Martine Desjardins.
Selon le FECQ et la FEUQ, le gouvernement doit faire abstraction des actes de violence commis au cours des dernières 24 h et maintenir les négociations avec toutes les associations étudiantes pour mettre fin à la crise.
En début d'après-midi, Line Beauchamp a annoncé que les représentants de la CLASSE étaient exclus des négociations.
«Nous ne pouvons tolérer les actes de violence commis au cours des dernières heures. Nous avions clairement demandé une trêve de la part des manifestants pendant la période de discussions», a déclaré la ministre de l'Éducation.
Pour sa part, le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a rejeté sur le dos du gouvernement Charest et de la ministre Beauchamp, la responsabilité de la rupture des négociations. La décision d'exclure la CLASSE cache le refus de la ministre de discuter de la hausse de droits de scolarité, a dit M. Nadeau-Dubois.
La chef du Parti québécois Pauline Marois est à son tour entrée dans le débat pour lancer un appel au calme. «Il faut à tout prix que cessent les gestes de violence. J'en appelle aux étudiants, les gestes que nous avons vus dans les dernières heures ne servent que les intérêts du premier ministre (...) La seule chose à faire pour le gouvernement est de suspendre la hausse des frais de scolarité pour l'année 2012», a dit Mme Marois.
Pour sa part, le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, appuie la décision du gouvernement d'exclure la CLASSE des négociations.
«Il revient à la FECQ et à la FEUQ de poursuivre les discussions avec le gouvernement», a dit M. Legault.