Dans ce communiqué de presse, il est précisé que «le débat est toujours en cours au sein du congrès de la CLASSE et d'autres résolutions seront adoptées dans les prochaines heures». Selon nos sources à l'intérieur de ce congrès tenu à huis clos, tout semble indiquer que bien qu'ils se soient entendus pour «condamner la violence physique délibérée» posée lors des manifestations, les délégués de la CLASSE veulent adopter une clause pour «défendre vigoureusement le principe de désobéissance civile».
«La CLASSE rappelle que la désobéissance civile n'est pas la violence ni de l'intimidation», indiquait une autre proposition soumise aux délégués de l'association étudiante durant la rencontre de dimanche et dont nous avons été informés.
Cas par cas
Ces informations obtenues par l'Agence QMI ont été confirmées à TVA Nouvelles par Gabriel Nadeau-Dubois.
En entrevue, il a notamment dit que les actions de désobéissance civile demeureront des «actions légitimes», l'occupation de bureaux de députés, par exemple.
Pour ce qui est des actes de vandalisme, la CLASSE ne les condamne pas tous, estimant qu'il faut les analyser «au cas par cas».
M. Nadeau-Dubois a soutenu, entre autres, que la violence délibérée, comme des gestes visant des citoyens - les pavés lancés sur l'autoroute 720 la semaine dernière notamment – demeure inacceptable.
«La CLASSE a une position claire sur la question de la violence : nous avons tenu à dénoncer plusieurs actes qui se sont produits dans les dernières semaines, des gestes qui ont ciblé des citoyens qui ne sont pas concernés, mais tout cela, en réaffirmant la nécessité de continuer à se mobiliser à travers le principe de désobéissance civile», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, à TVA Nouvelles.
Les délégués de la CLASSE se sont adonnés à un vif débat sémantique toute la journée, alors qu'ils ne s'entendaient pas sur les termes exacts à employer concernant la violence.
Réaction de la FECQ
Avant de connaître la conclusion des délibérations de la CLASSE, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) avait vivement appelé celle-ci à condamner les actes violents perpétrés lors des manifestations étudiantes, ajoutant qu'elle a «la marge de manœuvre nécessaire» pour négocier avec le gouvernement, avec ou sans la CLASSE.
En fin de soirée, après avoir appris que la CLASSE condamnait la violence, le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a dit accueillir «avec soulagement» cette décision.
Selon lui, il s'agit du «meilleur des scénarios possibles» à l'heure actuelle.
«Ça va permettre de tenter d'élaborer une sortie de crise intelligente», a ajouté M. Bureau-Blouin.
De son côté, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a indiqué qu'elle proposera à la CLASSE d'accueillir deux de ses délégués lors des négociations avec la ministre.
«C'est une stratégie pour empêcher d'exclure la CLASSE, a affirmé, dimanche soir, la présidente de la Fédération, Martine Desjardins, jointe au téléphone par l'Agence QMI. La CLASSE a démontré sa volonté de régler ce conflit. Maintenant, la balle est dans le camp de la ministre qui devra démontrer si elle a aussi la volonté de trouver une solution.»
La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, n'avait toujours pas réagi en milieu de soirée dimanche à ce développement majeur, préférant prendre connaissance des résolutions du congrès avant de commenter.
Rappelons que la ministre avait accepté de discuter avec la FECQ et la FEUQ, mais pas avec la CLASSE, parce que ses porte-parole n'ont pas fermement condamné les actes de violence commis lors de certaines manifestations contre la hausse des droits de scolarité.