Artillerie lourde
Les agents du Groupe d'intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont sorti l'artillerie lourde pour repousser les protestataires, faisant usage à plusieurs reprises de bombes assourdissantes et de gaz irritants.
Un passant bousculé a été transporté à l'hôpital, possiblement pour une cheville cassée, a indiqué Stéphane Smith, chef aux opérations d'Urgences-santé. Un policier a également subi des blessures mineures à la tête, a souligné M. Smith. Selon le SPVM, deux autres policiers ont subi des blessures.
Une ambulance a aussi été demandée pour une manifestante blessée à la jambe par une balle de caoutchouc.
Au cours des émeutes, des manifestants ont fracassé des fenêtres du Centre de commerce mondial. La vitrine de la tour de Québecor, sur la rue Saint-Jacques, a aussi volé en éclats. Plusieurs véhicules de police ont été vandalisés. Des camionnettes appartenant à TVA Nouvelles ont subi le même sort.
Des projectiles ont été lancés sur l'autoroute 720, à partir du boulevard Saint-Laurent, a rapporté le SPVM. Heureusement, personne n'a été blessé.
Arrestations et condamnation
Au total, près de 18 arrestations ont été effectuées, a fait savoir le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière lors d'un point de presse.
«Personne n'a été blessé trop sérieusement», a-t-il souligné, précisant que six personnes ont été blessées : deux citoyens et quatre policiers.
«C'est le SPVM qui a appelé la SQ en renfort en milieu d'après-midi, a ajouté Ian Lafrenière. Le SQ a pu s'occuper du territoire du Palais des congrès pendant que la SPVM a pu s'occuper du milieu urbain.»
Le maire de Montréal, Gerald Tremblay, a condamné de son côté les «gestes de violence et de vandalisme».
«Dans une société comme la nôtre, le droit de manifester est un droit reconnu par tous, mais ce droit vient aussi avec une responsabilité et une obligation de respecter la loi et les règlements, a-t-il dit. Avec de tels agissements, on ne fait avancer aucune cause.»
«Inacceptable»
Le rassemblement avait été organisé par la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) sous le thème «Non à la gratuité minière! Oui à la gratuité scolaire!»
Selon le porte-parole du SPVM, la CLASSE n'avait rien à voir avec les actes de vandalisme commis. Ce serait plutôt l'œuvre de groupes radicaux, a-t-il laissé entendre.
Le porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié «d'inacceptables» les actes de violence survenus dans la journée, déplorant notamment que des projectiles aient été lancés en direction d'automobilistes.
«C'est devenu dangereux pour tout le monde, a-t-il affirmé. On ne peut plus continuer de même. C'est une escalade qui doit cesser.»
En début d'après-midi, une seconde manifestation, aussi organisée par la CLASSE, s'était tenue devant l'hôtel Marriott, en marge d'un discours du ministre fédéral de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney. Des fenêtres avaient là aussi été fracassées.
Des campeurs sur le Mont-Royal
Après une journée mouvementée marquée par de violents affrontements entre policiers et manifestants, des centaines d'étudiants ont migré vers le parc Jeanne-Mance en fin de journée vendredi, afin d'y installer un campement.
Les manifestants se sont installés aux alentours du Monument à Sir George-Étienne Cartier avec leurs tentes, et ce, sous le regard attentif des policiers.
Les autorités n'ont toutefois pas eu à intervenir.
Selon le service de police de la ville de Montréal, le séjour des campeurs allait être de courte durée puisqu'en début de soirée, plusieurs d'entre eux avaient quitté le parc Jeanne-Mance.
Aucun méfait n'a été rapporté.