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Grève étudiante

L'étau se resserre sur le gouvernement

Agence QMI 
07/04/2012 11h21 

 
 
Grève étudiante - L'étau se resserre sur le gouvernement
Léo Bureau Blouin, président de la FECQ, Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, Jeanne Reynolds et Gabriel Nadeau-Dubois co porte-parole de la CLASSE. 
© Michel Desbiens / Agence QMI

MONTRÉAL - L'entêtement du gouvernement libéral dans le dossier de la hausse des droits de scolarité n'est plus une question économique, mais idéologique, dénoncent les associations étudiantes.

«On nous dit qu'on veut financer les universités, mais on est prêt à perdre jusqu'à 100 millions $ dans ce conflit-là, a déploré Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), en entrevue samedi. C'est clair que ce n'est pas une question économique, mais une question idéologique, politique. On fait de la petite politique sur les étudiants et les générations à venir. C'est inacceptable.»


Après plus de 50 jours de grève, les trois grandes associations étudiantes ont rejeté à l'unanimité vendredi la proposition de Québec visant à mettre fin à la grève étudiante. La FEUQ, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) feront désormais front commun pour s'opposer à la hausse de 1625 $ sur cinq ans des droits de scolarité.

Les étudiants estiment que la bonification du programme des prêts proposée par la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, n'est qu'une perte de temps de la part du gouvernement de Jean Charest. Ils décrient cette idée «réchauffée», semblable à celle suggérée lors de la grève étudiante de 2005.

«On a craché au visage du mouvement étudiant, a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE. Devant un affront comme celui-là, ça méritait une réponse à la hauteur, une réponse forte.»

Il admet que les associations ont parfois des divergences d'opinions, mais que le but de la grève demeure de faire reculer le gouvernement sur la hausse des droits de scolarité.

Martine Desjardins croit que l'éducation n'est tout simplement pas une priorité pour le gouvernement de Jean Charest.

Les libéraux seront suivis de près

Plusieurs étudiants de la CLASSE se réunissaient samedi au cégep Saint-Laurent à Montréal pour discuter d'un plan d'action pour les prochains jours. De nouveaux moyens de pression pourraient être annoncés.

La motivation des étudiants est à la hausse, croient les leaders étudiants, et le mouvement est prêt à augmenter la pression sur le gouvernement. «Nous faisons partie d'une génération qui a décidé de se battre pour quelque chose de plus grand. Les conséquences de la grève sont moins importantes que les conséquences d'une hausse des frais de scolarité», a soutenu Gabriel Nadeau-Dubois.

Et les rumeurs d'élections ne font qu'animer les ardeurs du mouvement étudiant.

«Si les libéraux prévoient aller en élection, ils trouveront des étudiants partout sur leur chemin», a prévenu Martine Desjardins.

Le gouvernement libéral devra régler ce conflit s'il compte entamer des élections, a renchéri Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.

Les manifestations se poursuivront la semaine prochaine, ont souligné les trois leaders étudiants, sans toutefois préciser les actions prévues. Cependant, ils ont prévenu les ministres Line Beauchamp et Raymond Bachand ainsi que le premier ministre Jean Charest que les étudiants n'hésiteront pas à perturber leurs conférences et discours, partout à travers la province.

Session en danger?

Le président directeur de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, a espéré également la fin du boycottage des cours le plus rapidement possible.

«Il n'y a pas de date butoir précise. Il faut comprendre que le calendrier scolaire est établi collège par collège, a expliqué M. Beauchesne. Il y a 18 collèges qui ont plus de quatre semaines de boycottage. Il devient extrêmement difficile de respecter les exigences du règlement d'étude collégiale et c'est un incontournable.»

Il a ajouté que le scénario est étudié quotidiennement et que les enseignants sont prêts à aider les étudiants à terminer leur session. «Il faudra faire un appel à la collaboration avec les enseignants. On doit penser à enseigner le samedi et étirer les journées», a-t-il dit.

Jean Beauchesne a souligné que la session prochaine pourrait être affectée.

 
 


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