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Mouvement étudiant

Des étudiants devant la résidence du premier ministre

Agence QMI 
28/03/2012 07h50 - Mise à jour 28/03/2012 22h28

 
 
Mouvement étudiant - Des étudiants devant la résidence du premier ministre
Quelques centaines d’étudiants ont bloqué l’accès au port de Montréal mercredi matin, ce qui a grandement perturbé la circulation sur la rue Notre-Came Est près du boulevard Pie-IX.  
© Maxime Deland / Agence QMI

MONTRÉAL – Des étudiants se sont rendus devant la résidence privée du premier ministre Jean Charest mercredi soir afin de protester contre la hausse des droits de scolarité.

Un groupe de manifestants est sorti de la station de métro Édouard-Montpetit, dans le quartier Côte-des-Neiges, vers 19 h 30, dans le but de se rendre devant le domicile de Jean Charest, à Westmount.


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«L'objectif est d'y livrer directement nos revendications, a déclaré Léo Bureau-Blouin, le président de la FECQ, l'organisation à l'origine de cette manifestation. Le tout se déroulera de façon respectueuse et notre message est clair : si nous faisons preuve d'ouverture, nous voulons que le gouvernement se mette en mode solution avec nous pour mettre fin au conflit.»

Cette nouvelle initiative hausse en quelque sorte le ton à l'endroit du gouvernement, puisqu'il s'agit non pas d'une société d'État ou d'un bureau administratif, mais bien du domicile familial du premier ministre Charest.

«Ça vise à faire passer notre message, a dit M. Bureau-Blouin. On utilise des moyens de la sorte parce que nous ne sommes pas écoutés par le gouvernement du Québec.»

«Deux cent mille personnes ont manifesté dans les rues, jeudi dernier, et il n'y a toujours aucune écoute de la part du gouvernement, a-t-il déploré. On se voit donc obligé de multiplier les manifestations et des journées fort chargées comme aujourd'hui risquent de se reproduire.»

Perturbations économiques

Quelques centaines d'étudiants ont bloqué l'accès au port de Montréal, mercredi matin, ce qui a grandement perturbé la circulation sur la rue Notre-Dame Est près du boulevard Pie-IX.

La manifestation s'est déroulée pacifiquement pendant la matinée jusqu'au moment où les étudiants ont décidé de se déplacer. À midi, les étudiants ont libéré l'entrée du port pacifiquement et ont commencé à marcher sur Notre-Dame vers l'est. Peu après, ils ont tenté de bloquer une autre entrée du port, près de la rue Viau, où un fort contingent policier les attendait. Du poivre de cayenne a été utilisé pour disperser les manifestants.

Une nouvelle marche a commencé à la place Émilie-Gamelin à 14h30 vers l'ouest. Les quelque 200 marcheurs ont donné du fil à retordre aux policiers, en bifurquant à tout moment dans les rues de Montréal. Pendant près de trois heures, les étudiants ont joué au chat et à la souris avec les policiers, empruntant un trajet changeant continuellement et en se divisant en différents groupes.

La Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale (CLASSE) avait annoncé précédemment que les actions des étudiants causeraient des perturbations économiques.

«Devant l'indifférence du gouvernement face à un mouvement d'une telle ampleur, on frappe là où ça fait mal», a dit en entrevue Jeanne Reynolds de la CLASSE.

Les bureaux du PLQ visés

Dans le quartier Villeray, vers 7h mercredi matin, des étudiants collégiaux ont bloqué les accès aux bureaux de la permanence du Parti libéral du Québec, sur la rue Waverly. Une cinquantaine de manifestants ont bloqué l'entrée principale et quelques autres ont pu accéder au toit où ils ont brandi une banderole.

«Le regroupement ne vise pas à l'affrontement, a indiqué Félix Desormeaux, un porte-parole étudiant du Collège Ahuntsic, qui a ajouté que le but était d'avoir une bonne coopération des autorités. Quand ils vont arriver, s'ils veulent faire une intervention, nous on va rester, nous allons maintenir notre blocus.»

Arrestations à Québec

Les policiers de Québec ont sévi auprès des manifestants qui se sont rassemblés devant les appartements de fonctions du premier ministre Jean Charest à Québec.

Un manifestant a été arrêté et 13 autres ont reçu des constats d'infraction, mercredi matin.

Vers 6h15, ils étaient une quarantaine devant l'édifice Price. Ils se sont installés sur le trottoir de l'autre côté de la rue, mais ils ont traversé pour se rapprocher de la porte d'entrée de l'édifice.

Des agents du Service de police de la Ville de Québec ont sommé les étudiants de quitter les lieux, les avertissant qu'ils ne toléreraient pas qu'ils entravent la circulation automobile.

Les étudiants sont partis, tout en continuant de manifester dans les rues de la ville. Ils se sont rendus à la Basse-Ville, puis devant l'usine de la papetière White Birch, où les policiers les ont encerclés et placés dans un autobus.

Un individu a été arrêté pour entrave au travail des policiers. Treize manifestants ont été amenés au poste de police et ont reçu des constats d'infraction en vertu du Code de la sécurité routière, parce qu'ils avaient marché dans la rue. Ils sont passibles d'amendes pouvant s'élever à 494$.

Tolérance zéro

Les policiers de la Vieille Capitale ont averti les étudiants que chaque fois qu'ils se mobiliseront sans donner préalablement l'itinéraire de leur manifestation aux autorités, ils subiront recevront des contraventions.

Un «procès» pour Jean Charest

Une centaine de cégépiens de Sherbrooke ont fait le «procès» du premier ministre Jean Charest devant le palais de justice de Sherbrooke.

Il s'agissait d'un procès symbolique qui a duré une vingtaine de minutes.

Trois «chefs d'accusation» ont été déposés. Les étudiants ont accusé le premier ministre d'avoir induit la population en erreur, en haussant les frais de scolarité «sous de faux prétextes». «C'est documenté c'est plutôt d'un mauvais financement dont il s'agit», estime Nicolas Beaudoin, de la Coalition Estrie contre la hausse, qui regroupe enseignants, étudiants et citoyens.

Ils lui ont aussi reproché d'avoir créé une politique inéquitable et d'avoir refusé tout débat.

Au terme de cette mise en scène, le juge a conclu que «Jean Charest perdait sa légitimité comme député de Sherbrooke et comme premier ministre».

Ailleurs au Québec

Une soixantaine d'étudiants en grève du Cégep de Rimouski ont bloqué mercredi matin l'accès aux locaux du ministère du Revenu et de l'Environnement à Rimouski. Les 220 employés ont dû attendre de l'autre côté de la rue.

Les étudiants du cégep de Drummondville ont manifesté au-dessus de l'autoroute 20 à la hauteur du km 177. Les quelques dizaines d'étudiants ont été rapidement rattrapés par les policiers qui leur ont demandé de ne pas s'aventurer sur le réseau routier, sous peine de recevoir des constats d'infraction. Les étudiants ont étalé au-dessus du viaduc surplombant l'autoroute une immense bannière afin d'interpeller les usagers de la route les invitant à klaxonner en signe de solidarité. Ils ont ensuite quitté les lieux pacifiquement.

 
 


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