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Grève contre la hausse des frais de scolarité

Le mouvement s'intensifie

Agence QMI 
Charles Lecavalier
14/02/2012 12h37 - Mise à jour 14/02/2012 15h29

Grève contre la hausse des frais de scolarité - Le mouvement s'intensifie
Environ 11 000 étudiants de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) et de l'Université Laval ont déclenché mardi la grève illimitée. 
© Agence QMI / Archives

MONTRÉAL – Près de 11 000 étudiants ont déclenché la grève illimitée mardi, selon la Coalition large de l'ASSÉ (CLASSE).

Environ 550 étudiants de l'Université Laval à Québec et 10 000 autres de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) se sont retrouvés en grève générale illimitée lundi.


Selon les organisations étudiantes, ce n'est que la première salve d'une guerre à finir contre le gouvernement Charest, qui promet une hausse des droits de scolarité de 1625 $ en cinq ans.

En effet, le mouvement de débrayage pourrait rapidement prendre de l'expansion, estime la CLASSE.

«Lundi prochain, il y aura 20 000 étudiants en grève, peut-être même plus, a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE. Cette semaine, nous allons tenir plusieurs votes, comme dans les gros Cégeps du Vieux-Montréal et de Saint-Laurent.»

«Nous sommes désormais 70 000 dans la CLASSE, a indiqué M. Nadeau-Dubois. Chaque semaine, une nouvelle de vague de grévistes joindra le mouvement.»

Le mouvement estudiantin se divise entre plusieurs fédérations et diverses organisations. Chacune d'entre elles doit être consultée et décide elle-même si elle déclenche une grève ou non.

En plus de la CLASSE, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui réunit 125 000 membres, et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui en compte 80 000, seront en consultation tout le mois de février.

«Plusieurs associations facultaires de l'Université de Montréal seront en consultation en février, a souligné Martine Desjardins, présidente de la FEUQ. Même chose pour l'Université Concordia au début du mois de mars. En ce moment, nous n'avons que 3000 étudiants qui ont un mandat de grève générale illimité, mais ce nombre va gonfler au cours des prochains mois.»

Le mouvement prendra aussi d'autres formes. « Jeudi, on veut bloquer le Centre de commerce mondial de Montréal. C'est là que se trouvent les bureaux du ministère des Finances », a dit M. Nadeau-Dubois. Une manifestation est également prévue le 23 février, aussi à Montréal, et le 1er mars, à Québec.

La hausse des droits de scolarité annoncée est de 325 $ par année, sur cinq ans, ce qui portera la facture annuelle à un total de 3793 $ en 2016-2017. Le coût d'une année d'étude est actuellement de 2168$.

Québec ne bronche pas

Les Québécois adhèrent de façon générale au dégel des frais de scolarité, selon la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, imperturbable devant les moyens de pression des étudiants.

Malgré que 11 000 étudiants aient exercé mardi leur vote de grève à Montréal et Québec, et malgré la tenue d'une manifestation devant l'Assemblée nationale, la ministre Beauchamp n'a pas bronché.

«C'est 11 000 étudiants qui ont décidé d'exercer leur vote de grève, sur 475 000 étudiants universitaires et collégiaux, donc c'est à peine plus de 2 % des étudiants en grève», a-t-elle indiqué, minimisant l'ampleur de la contestation.

Elle a signalé que «bien des étudiants» sont contre le mouvement de grève, citant en exemple la tenue d'un vote d'opposition à la grève générale au Cégep de Sherbrooke.

«Nous entendons sur la place publique des étudiants s'organiser parce qu'ils s'opposent à ces grèves générales, et règle générale, dans l'opinion publique, il y a une adhésion au fait qu'un effort de tous est demandé, et que ça comprend une juste part des étudiants», a-t-elle commenté.

Mise en garde

La ministre a même mis en garde les étudiants, en laissant entendre qu'ils seront les principales victimes de leur décision de faire la grève.

«À la fin, la plus grande perturbation sera dans la vie des étudiants qui ont choisi d'exercer leur vote de grève, parce qu'ils devront reprendre les jours de cours autrement, de soir, de week-end, l'été, alors j'invite les étudiants à réfléchir.»

Son collègue des finances, Raymond Bachand, s'est aussi montré intraitable.

«Est-ce qu'il faut rappeler que l'étudiant à l'université va gagner au moins 200 000 $ de plus que quelqu'un qui finit seulement son secondaire cinq. Peut-être que s'il paie 15 % ou 16 % de son éducation, ce n'est qu'une simple question de justice sociale», a-t-il laissé tomber.





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