Claudia Berthiaume
Agence QMI

Exploitation sexuelle: l'auteur-compositeur-interprète Luck Mervil plaide coupable

Exploitation sexuelle: l'auteur-compositeur-interprète Luck Mervil plaide coupable

Photo d'archives

Claudia Berthiaume

Le chanteur Luck Mervil a reconnu ce matin avoir exploité sexuellement une gardienne d'enfants pendant six mois dans les années 1990.

« Oui, absolument », a-t-il répondu lorsque la juge Mélanie Hébert lui a demandé s'il reconnaissait les faits, au palais de justice de Montréal.

L'artiste de 50 ans a plaidé coupable à une accusation d'exploitation sexuelle sur une mineure alors qu'il était en situation d'autorité, ce matin, au moment où son procès de 10 jours devait débuter.

Les faits remontent à plus de 20 ans, mais Luck Mervil, dont le prénom complet est Lucknerson, a été accusé seulement en 2014.

Les attouchements sexuels ont débuté en janvier 1996 alors que la victime, dont l'identité est protégée par une ordonnance de la cour, avait 17 ans. Les gestes ont perduré pendant six mois, d'après l'acte d'accusation.

60 fois non

Les premiers attouchements se sont produits dans un contexte de jeu. Luck Mervil, alors âgé de 28 ans, en a profité pour avoir une relation sexuelle complète avec l'adolescente.

« J'ai dit non à répétition, avec beaucoup de peur dans la voix. Non, non, non, arrête, je ne veux pas. Ce n'était pas un non, mais au moins 60 non », a mentionné la femme maintenant dans la trentaine, lors de l'enquête préliminaire de l'accusé, en mars 2017.

L'adolescente était vierge lors de cet abus sexuel, qui lui a causé une « douleur fulgurante et horrible », a-t-elle alors précisé.

Plusieurs autres épisodes de contacts sexuels ont eu lieu par la suite.

À l'époque des crimes, l'accusé était à l'apogée de sa popularité en tant que chanteur du groupe Rudeluck.

« La victime était très admirative et éprouvait de la fierté de côtoyer quelqu'un qui chantait, passait à la télévision, sortait des albums et des vidéoclips », a relaté Me Anne Gauvin, de la Couronne.

« Elle n'était pas amoureuse de lui, elle le trouvait moralisateur et n'avait aucune attirance physique envers lui », a continué la procureure.

Selon le résumé des faits lu en cour, les contacts sexuels entre la victime et Luck Mervil se seraient perpétués pendant 10 ans. L'accusation d'exploitation sexuelle ne s'applique toutefois pas à la période où la jeune femme était adulte.

Les avocats ont indiqué à la magistrate qu'ils avaient une suggestion commune pour la sentence à imposer à l'ex-animateur de MixMania. La proposition sera présentée vendredi à la juge Hébert.

Le chanteur et la victime témoigneront à cette occasion. Cette dernière lira une déclaration détaillant les conséquences du crime sur sa vie.

Pas de peine minimale

Il n'y avait aucune peine minimale de prison prévue pour l'accusation d'exploitation sexuelle au moment où Luck Mervil a commis ses crimes.

À sa sortie de la salle d'audience, le chanteur a dit être soulagé que le processus judiciaire se termine cette semaine, quatre ans après sa mise en accusation.

« Dès le départ, j'ai dit ce qui est arrivé. J'ai respecté ma parole. C'est ce qui a été maintenu », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que sa famille avait beaucoup souffert de cette situation, tout comme celle de la victime.

- Avec la collaboration de Michaël Nguyen



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