Caroline Lepage
Agence QMI

Les accusés sont vus comme des victimes de la tragédie de Mégantic

Certains espèrent que le procès mettra en lumière les manques de l'industrie - Les accusés sont vus comme des victimes de la tragédie de Mégantic

Thomas Harding (droite), Jean Demaitre (centre) et Richard Labrie (gauche) plaident non-coupable.

Caroline Lepage

SHERBROOKE | Le procès entourant la tragédie de Lac-Mégantic qui débutait lundi au palais de justice de Sherbrooke déterminera si la mort des 47 victimes a été causée ou non par la négligence de trois ex-employés de la MMA.

Le principal accusé, Thomas Harding, était le conducteur du train de pétrole qui a déraillé et explosé au centre-ville de Lac-Mégantic, la nuit du 6 juillet 2013. L'homme de 56 ans aurait omis d'appliquer tous les freins à main sur le train et l'aurait laissé sans surveillance durant la nuit.

Les deux autres accusés sont Richard Labrie, un contrôleur ferroviaire qui gérait la circulation des trains entre Farnham et Lac-Mégantic, et son supérieur, Jean Demaître. Ce cadre agissait à titre de contrôleur de l'exploitation de la MMA.

Ces hommes se font reprocher d'avoir posé ou omis de poser les actions assurant la supervision, l'exploitation, l'opération ou la sécurisation adéquate du train. Ils sont passibles d'une peine maximale d'emprisonnement à perpétuité.

Le mal est fait

«Ces employés sont des bouc émissaires. Ce sont aussi des victimes de la tragédie», croit le responsable de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire, Robert Bellefeuille.

Il veut que ce procès fasse office d'enquête publique.

«On souhaite qu'il fasse la lumière des négligences à partir du haut», poursuit-il.

Le maire suppléant de Lac-Mégantic, Pierre Latulippe, espère surtout que l'industrie ferroviaire resserra davantage ses normes de sécurité.

«Le mal est fait. Je ne suis pas certain que l'issu du procès va changer grand-chose», évalue-t-il.

M. Latulippe mise sur le tracé de la nouvelle voie de contournement du chemin de fer, dont le dévoilement est prévu cet hiver, et qui devrait surtout rassurer ses concitoyens.

Pour sa part, l'ancienne mairesse Colette Roy Laroche, reconnue pour la grande efficacité de ses interventions durant la catastrophe, assure qu'elle suivra avec intérêt le procès dans les médias.

Jury bilingue

Plus de 400 citoyens ont été convoqués au palais de justice de Sherbrooke, lundi et mardi, pour la pré-sélection du jury. Les douze personnes retenues doivent être bilingues, car le procès se déroulera dans les deux langues officielles.

Selon Pierre-Paul Charest, responsable des médias au ministère de la Justice, tous les candidats rencontrés sont au courant de la catastrophe. Toutefois, les parties devront s'assurer que ces derniers n'ont pas d'opinion prédéterminées sur la responsabilité des accusés.

Le juge de la Cour supérieure, Gaétan Dumas, procédera à la sélection officielle des jurés le 29 septembre.

Plus de 20 témoins civils, une douzaine de policiers ainsi qu'un expert devraient être appelés à la barre des témoins.



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