Guillaume St-Pierre
Agence QMI

Ottawa: des «crises de rage violente» d'un patron

Ottawa: des «crises de rage violente» d'un patron

De la violence verbale semble être répandue dans la fonction publique. Photo Archives / Agence QMI

Guillaume St-Pierre

OTTAWA - Un patron violent a terrorisé son entourage dans une agence fédérale durant des années pendant que la haute direction est restée les bras croisés.

Le commissaire à l'intégrité du secteur public, Joe Friday, a déposé jeudi au Parlement un rapport dévastateur dans lequel il décrit en détail l'enfer qu'a fait subir à ses employés un haut fonctionnaire de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Le cadre en question succombait fréquemment à des «crises de rage violente». Il criait, hurlait et sacrait sur ses employés, allant même parfois jusqu'à s'approcher d'eux de façon agressive en serrant les poings, écrit M. Friday.

Le commissaire a rencontré une quarantaine de témoins au cours de son enquête sur ce qu'il qualifie de cas «grave de mauvaise gestion».

Certains d'entre eux ont comparé le comportement du cadre à leur égard à de la «violence conjugale».

Dévalorisation

La majorité a aussi expliqué que le patron «dévalorisait et critiquait» leur travail «de façon dégradante», au point où certains «fondaient en larme».

Les explosions de colère étaient régulièrement suivies d'excuses, contribuant à alimenter un cercle vicieux.

L'auteur des actes répréhensibles a été transféré dans un autre ministère en 2014.

M. Friday dit avoir communiqué avec le nouveau département du cadre afin de recommander des mesures disciplinaires.

L'agence blâmée

Dans son rapport, M. Friday accuse l'ASPC d'avoir laissé la situation se dégrader après une première intervention auprès du patron.

La haute direction, dit-il, «n'a pas fait preuve du leadership» nécessaire en effectuant un suivi de la situation à moyen ou long terme.

«Ce rapport est un rappel de l'importance de traiter et de gérer des cas de harcèlement complètement et efficacement», poursuit le commissaire.

Un phénomène systémique

Plus inquiétant encore, M. Friday a expliqué en conférence téléphonique que la violence verbale semble être répandue dans la fonction publique.

Le commissaire n'a justement pas cru bon de nommer le patron en question pour ne pas occulter l'aspect «potentiellement systémique» du problème.

«Nous sommes en train de voir une augmentation du nombre de divulgations relatives au comportement dans le milieu du travail», a-t-il affirmé.



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