Jean-Luc Lavallée
Agence QMI

Québec offre moins aux juristes qu'au front commun

Jean-Luc Lavallée

MONTRÉAL - En grève depuis près de quatre mois, les juristes de l'État n'ont pas encore réussi à arracher au gouvernement une entente aussi avantageuse que celle conclue avec le front commun syndical qui regroupait plus de 400 000 employés.

Lors d'un briefing technique organisé à l'intention des médias par le Conseil du trésor, jeudi, la négociatrice en chef Édith Lapointe et deux autres hauts fonctionnaires ont reconnu que l'offre qui est sur la table, à l'heure actuelle, est légèrement inférieure à ce que le front commun a obtenu.

En terme de «rémunération globale» - salaire et avantages sociaux compris - les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ) ont reçu une offre qui équivaut à une hausse de 9,05 % sur cinq ans alors que les employés des réseaux de la santé, de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec ont obtenu un gain de leur rémunération qui représente 9,15 %.

Cela dit, les syndiqués et le gouvernement interprètent différemment certains paramètres de la plus récente proposition, rejetée en assemblée mardi. Les juristes affirment qu'on leur a offert une hausse de 7 % sur cinq ans et non 9,05 %. Qui plus est, ils réclament 10 % sur quatre ans afin d'atteindre la parité avec les procureurs de la Couronne.

Autant que les procureurs?

Au trésor, on maintient que les juristes, d'ici quatre ans, auront autant d'argent «dans leurs poches» que les procureurs de la Couronne qui doivent cotiser davantage à leur régime de retraite.

Le gouvernement propose des hausses salariales cumulatives de 5,25 %, des versements forfaitaires de 1,5 %, un ajustement de l'échelle salariale de 2 % puis la conversion d'une prime de 2 % en salaire qui aura un effet bénéfique sur le calcul de leur rente et qui équivaut, en dollars d'aujourd'hui, à une hausse de 0,3 % pour un grand total de 9,05 %.

Le syndicat affirme qu'il doit laisser tomber en contrepartie certains avantages en assurance invalidité et préretraite, ce qui annule l'effet de l'ajustement à la hausse de 2 %.

Le PQ loin d'être convaincu

La députée péquiste Nicole Léger, qui a assisté à la présentation des mandarins de l'État, n'a pas été convaincue par leurs explications.

«Ce n'est pas nécessairement clair parce qu'il y a beaucoup de paramètres; autant des primes, des forfaitaires, des ajustements, des calculs actuariels. Pourquoi ils n'ont pas présenté le 2,5 % (par an) sur quatre ans comme les procureurs de la Couronne?»

Amir Khadir estime pour sa part que l'offre est «insuffisante» et demande au gouvernement de faire un «effort supplémentaire». Les conséquences de la grève sont importantes, a-t-il insisté, évaluant à «plusieurs centaines de millions» les pertes éventuelles du gouvernement qui a octroyé des centaines de contrats publics sans bénéficier des conseils juridiques de son équipe à l'interne.

«Ce qu'on perd depuis quatre mois en supervision dans l'octroi des contrats publics va largement dépasser ce que le gouvernement aurait eu à donner à ses juristes», juge le député de Québec solidaire.

Au premier échelon, un juriste de l'État gagne actuellement 53 843 $/an. Au sommet de l'échelle, son salaire annuel atteint 108 546 $ auquel il faut ajouter une majoration automatique de 15 %, deux ans plus tard, pour le «niveau expert» qui lui garantit un revenu maximum de 124 828 $, lequel passerait à 132 828 $ si LANEQ acceptait l'offre actuelle du gouvernement.

Aussi sur Canoe.ca



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos