Guillaume St-Pierre
Agence QMI

Harcèlement: la GRC débloque 100 millions $ et s'excuse

Guillaume St-Pierre

Dernière mise à jour: 06-10-2016 | 17h22

OTTAWA - La GRC s'est excusée et a débloqué 100 millions $ dans l'espoir de tourner la page sur un sombre chapitre de son histoire, marqué par des centaines de cas de harcèlement sexuel envers les femmes dans ses rangs.

Le patron de la GRC, Bob Paulson, a présenté jeudi des excuses officielles aux femmes qui ont été victimes de harcèlement et de discrimination au sein du corps de police au fil des ans.

«À toutes les femmes touchées par l'inaptitude de la GRC à assurer des conditions de travail exemptes de harcèlement et de discrimination. [...] C'est humblement et solennellement que je vous présente aujourd'hui nos excuses les plus sincères», a-t-il déclaré, jeudi, dans un point de presse chargé en émotions.

«Vous êtes venues à la GRC avec le désir de contribuer à la collectivité et nous vous avons trahies. J'en suis profondément désolé», a-t-il ajouté en essuyant des larmes.

Par le fait même, la police fédérale a annoncé avoir conclu une entente de règlement dans le cas de deux demandes de recours collectif déposées par d'anciennes employées.

Le gouvernement fédéral a débloqué 100 millions $ pour payer les réclamations. On estime qu'environ 1000 femmes pourraient remplir une requête.

Indemnisation

La GRC a mis en place un processus indépendant de réclamation et un régime d'indemnisation que dirigera l'ex-juge de la Cour suprême Michel Bastarache.

Il s'adresse aux femmes qui ont été victimes d'actes d'intimidation, de harcèlement et de discrimination fondée sur le sexe ou l'orientation sexuelle au sein de la GRC depuis 1974.

«Pour beaucoup de femmes, ce harcèlement leur a fait du mal physiquement et mentalement, a poursuivi Bob Paulson. Il a détruit des mariages et parfois même des familles entières. Leur vie en a été bouleversée.»

Les deux demanderesses, Janet Merlo et Linda Gillis Davidson, ont tour à tour remercié le commissaire, et ont estimé que l'entente à l'amiable marque le début d'une nouvelle ère dans l'histoire du corps de police.

«Nous souhaitons seulement que la GRC soit un endroit où nos filles veulent faire carrière», a déclaré Mme Merlo, émue.

Témoignage

Dans les prochaines semaines, l'ex-juge Bastarache ira à la rencontre des victimes aux quatre coins du pays afin de recueillir leur témoignage. Ces dernières pourraient toucher en compensation un maximum de 220 000 $, selon la gravité de gestes commis et leurs séquelles.

Quant aux bourreaux, ils pourraient se voir imposer des sanctions disciplinaires s'ils sont toujours à l'emploi de la police montée.

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