Maxime Deland
Agence QMI

Jean Lapierre: «C'est l'île au complet qui est en deuil»

Un avion s'écrase aux Îles-de-la-Madeleine

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Maxime Deland

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE - La classe politique a perdu un grand homme. Les Îles-de-la-Madeleine aussi. C'est une communauté en entier qui est dévastée au lendemain du terrible drame qui a coûté la vie à sept personnes, dont Jean Lapierre et plusieurs membres de sa famille.

Aux Îles-de-la-Madeleine, tout le monde connaît l'analyste politique et ancien député Jean Lapierre. Ou le connaissait. Tous les résidents rencontrés, sans exception, se disent sous le choc. Bouleversés.

Plusieurs d'entre eux admettent qu'ils auront énormément de mal à s'en remettre. «C'est un drame qu'on ne peut pas accepter, qu'on ne pourra jamais accepter, souffle Sylvie, qui a vu l'appareil s'écraser devant chez elle. Il y a une vie avant cette tragédie, et il y a une vie après.»

En interrogeant les gens de l'endroit, on s'aperçoit à quel point Jean Lapierre faisait l'unanimité. «Je peux vous assurer qu'aux Îles-de-la-Madeleine, personne n'est indifférent en ce moment. C'est l'île au complet qui est en deuil», laisse tomber Robert Leblanc, qui avait immobilisé sa voiture en bordure de la route 199 pour jeter un œil aux restes de l'avion.

M. Leblanc gardera de bons souvenirs du coloré analyste politique, avec qui il a étudié pendant tout son secondaire. «Jean était le président du conseil étudiant; déjà à l'époque, il avait de la graine de leader, dit-il. On perd un homme aimé et tellement respecté.»

«On perd plus qu'un homme; on perd un modèle, un symbole, un ambassadeur incroyable pour la région. Il va nous manquer terriblement», dit avec émotion Avila Jomphe, un autre Madelinot.

Vision d'horreur

Dans le secteur de Havre-aux-Maisons, à quelques kilomètres de l'aéroport, les gens qui ont vu l'appareil heurter le sol avec une violence inouïe se comptent presque par dizaines.

Les habitants sont habitués d'entendre le grondement des avions qui survolent leur maison. Mais mardi midi, le son n'était pas le même. Ce son, beaucoup plus assourdissant que d'habitude, laissait présager un drame. Un horrible drame. Leur impression était juste.

Une partie de la famille Lapierre a été fauchée. Sept morts au total.

«Quand j'ai vu l'avion frapper le sol, je savais que c'était terminé. J'espérais voir des gens sortir de la carlingue, mais je savais que personne n'en sortirait. J'ai fait le 911», raconte Frédérick Duval, un témoin de l'écrasement.

Comme d'autres voisins, Pierre Delainey a vu le petit Mitsubishi MU-2B se disloquer en percutant le sol partiellement enneigé. Avant même de penser à contacter les secours, l'homme s'est précipité vers la carcasse de l'appareil dans l'espoir de trouver des survivants. Mais il n'y en avait aucun.

«J'ai fait deux fois le tour de l'avion. J'ai crié plusieurs fois si quelqu'un m'entendait. Il n'y avait pas un son», témoigne M. Delainey.

Puis, une vision d'horreur. Une image qu'il n'oubliera sans doute jamais. «J'ai vu une personne pliée en deux, encore attachée à son siège. La tête entre les deux jambes», regrette-t-il. 

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