Agence QMI

Bombardier coupe 7000 postes: réaction à Ottawa et Québec

Dernière mise à jour: 17-02-2016 | 17h24

OTTAWA - L'inaction du gouvernement Trudeau a entraîné la perte de milliers d'emplois chez Bombardier, accuse l'opposition fédérale. 

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a reproché aux libéraux d'être restés muets depuis leur arrivée au pouvoir malgré la demande d'aide financière de Bombardier pour son programme CSeries.

«Si, au cours des quatre derniers mois, on avait eu le moindre signal de la part des libéraux, peut-être qu'on n'aurait pas perdu ces emplois-là», a-t-il argué.

Selon M. Mulcair, le gouvernement fédéral a un rôle de «levier» à jouer qui comprend différentes mesures, dont une aide financière directe à Bombardier, une entreprise qui représente un «secteur névralgique pour l'économie canadienne».

Le premier ministre Justin Trudeau a pour sa part réagi aux pertes d'emplois en offrant ses «sympathies» aux familles touchées par la restructuration de Bombardier. Ses propos ont piqué au vif le chef néodémocrate.

«Tout ce que le premier ministre a à offrir ce sont ses sympathies. Bombardier et ces familles ont besoin d'action, par de phrases creuses», a pesté M. Mulcair.

Le premier ministre a pour sa part rétorqué que son gouvernement devait prendre une décision «responsable» avec les fonds publics.

«C'est pour cela que nous étudions comment on peut mieux aider dans l'intérêt de l'économie canadienne ce phare de l'industrie aéronautique qu'est Bombardier. Pas seulement pour le Québec, mais pour le Canada en entier», a soutenu M. Trudeau.

Les conservateurs, qui s'opposent pour leur part à ce qu'Ottawa accorde une aide financière directe à une entreprise privée, ont néanmoins accusé le gouvernement de nuire à Bombardier par son refus de rouvrir l'accord tripartite interdisant aux avions à réaction de fréquenter l'aéroport Billy-Bishop, situé sur les îles de Toronto. Le transporteur aérien Porter en avait fait la demande à la Ville de Toronto en avril 2013, parce qu'il voulait que les pistes soient modifiées pour recevoir des appareils comme la CSeries de Bombardier.

«Il aurait pu aider Bombardier à pouvoir vendre d'autres avions en permettant le développement de l'aéroport au centre-ville de Toronto», a déploré le député conservateur de Beauce, Maxime Bernier.

Une nouvelle phase de croissance, selon Couillard

Les pertes d'emplois massives annoncées par Bombardier sont le signe d'une nouvelle phase de croissance de l'entreprise québécoise, estime Philippe Couillard, qui y voit une «bonne nouvelle».

«Les commandes de Série-C sont de plusieurs milliards. Il faut se réjouir de ça. C'est une bonne nouvelle pour le secteur aéronautique», a affirmé le premier ministre mercredi à l'entrée du caucus de son parti.

Bombardier a lâché deux bombes en matinée: la signature d'une lettre d'entente avec Air Canada qui prévoit l'achat de 45 appareils CS300 assorti d'une option pour 30 avions supplémentaires et l'annonce de 7000 mises à pied à travers le monde, dont 2400 au Québec.

Le premier ministre préfère plutôt se concentrer la «bonne nouvelle», soit le développement de la Série C, où Québec compte investir 1,3 milliard $. Dans le communiqué de presse du gouvernement du Québec, on ne fait d'ailleurs aucune mention pour les milliers de Québécois qui vont perdre leur emploi.

Pour Philippe Couillard, il s'agit de coupes dans des secteurs en perte de vitesse. «Le Québec subira des impacts dans le cadre de ce changement d'orientation, de cette nouvelle phase de croissance de Bombardier», a-t-il toutefois reconnu.

Le premier ministre a même affirmé que les mises à pied de Bombardier «sont surtout dans les avions commerciaux» puisque les millionnaires en mal de jets privés se font plutôt rares par les temps qui courent. Dans les faits, plus de 3200 travailleurs de Bombardier Transport sont touchés, contre 500 dans le secteur des avions d'affaires. Près de 2500 employés du secteur d'aérostructures et des services d'ingénierie seront aussi mis à pied.

L'opposition tire à boulets rouges

Les partis d'opposition n'ont pas tardé à tirer à boulets rouges sur Philippe Couillard et le ministre responsable de l'entente avec Bombardier, Jacques Daoust.

«Ce qui est très grave, c'est que cette piètre entente ne comprend aucune garantie sur le maintien des emplois ici, au Québec. C'est invraisemblable. L'État met 1,3 milliard $ dans une entreprise qui va réduire ses emplois ici», a dénoncé Pierre-Karl Péladeau en chambre.

Le chef caquiste, François Legault, a fait la même analyse. «Je pense que c'est la démonstration que l'entente, le projet d'entente qui a été signé par le premier ministre avec Bombardier est une mauvaise entente, ça a été mal négocié», a-t-il déploré.

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