Jonathan Roberge
Agence QMI

Des caméras dans les toilettes d'une école: totalement légal

Jonathan Roberge

Dernière mise à jour: 08-02-2016 | 21h19

SHAWINIGAN - L'école secondaire Val-Mauricie de Shawinigan a fait installer des caméras de surveillance dans les toilettes des garçons. Une mesure inhabituelle qui provoque un inconfort chez certains élèves et leurs parents.

Certains d'entre eux ont d'ailleurs communiqué avec la direction pour savoir dans quelles directions les caméras sont orientées.

«Nous faisions face à du vandalisme. L'installation de ces caméras devrait nous permettre de résoudre le problème. Ce qu'il faut comprendre c'est que l'intimité des garçons est préservée. Le champ des caméras ne nous permet de voir ni les cabinets, ni les urinoirs. Ce sont uniquement les lavabos qui sont visés», a précisé le directeur général de la commission scolaire, Denis Lemaire.

La direction croit également que la présence de caméras pourra permettre d'éviter certains actes d'intimidation.

Sous le couvert de l'anonymat, certains étudiants disent n'y voir aucun problème. D'autres évitent cependant ces toilettes depuis l'installation de caméras.

La direction de l'établissement a affirmé que la démarche est entièrement légale, puisque l'intimité des jeunes n'est pas mise en péril

Des recours civils?


L'avocat Marc Bellemare est outré. Il trouve aberrant que l'école ait décidé d'installer cette caméra. Il n'a pas hésité à dénoncer la situation, comme il l'avait fait lorsque le Québec a plongé dans un débat de société entourant la fouille à nu dans les écoles.

«Il y a des endroits qui doivent être dépourvus de toute captation d'images ou de son... les salles de bain en font partie. Qui est allé aux toilettes, à quelle heure? Ça fait partie du domaine privé. On peut se demander si on a encore le droit à une vie privée. Je suis bien conscient que ce sera plus difficile de contrer le crime (vandalisme), mais c'est à l'école que revient la responsabilité de trouver une façon de faire qui va respecter l'intimité des jeunes», affirme-t-il.

Selon lui, les étudiants auraient tout avantage à intenter des recours civils contre l'école ou encore, s'adresser à la commission des droits de la personne.

«À mon sens, on transgresse clairement la loi!»

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