Félix Séguin
Agence QMI

Moins d'enquêteurs pour lutter contre les proxénètes

Félix Séguin

MONTRÉAL - Alors que le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) doit rencontrer le nouveau ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux pour faire le point sur l'exploitation sexuelle des jeunes fugueuses du grand Montréal, son service de police pourrait réaffecter une trentaine d'enquêteurs qui travaillent sur ces dossiers.

Notre Bureau d'enquête a obtenu le plan concocté par le directeur du SPVM, Philippe Pichet, qui modifie en profondeur la structure de la police montréalaise et qui suscite un véritable tollé à l'interne.

En vertu du «Plan de transformation organisationnel dans un modèle de service partagé des enquêtes», le SPVM réaffecterait 12 enquêteurs de sa section de la moralité et 18 autres qui se chargent d'enquêter sur les crimes de violence et impliquant des stupéfiants.

Frustation

«On ne comprend pas du tout cette décision», a affirmé un sergent-détective qui requiert l'anonymat à notre Bureau d'enquête. «Alors qu'on veut arrêter des «pimps», on va aller enquêter sur des vols de bicycle!»

Selon les documents que nous avons obtenus, les différents centres opérationnels du SPVM, maintenant appelés Centre de service à la communauté, disposeront de services partagés d'enquête. Ceux-ci pourraient affecter des enquêteurs qui travaillaient normalement à combattre les gangs de rue et les proxénètes aux crimes les plus pressants dans leur zone de travail respective sans égards à la nature des infractions.

Concrètement, si un des secteurs de la métropole connait des retards dans le traitement des plaintes de vol, des policiers qui contrôlent des sources liées au proxénétisme pourraient être déviés de leurs enquêtes pour diminuer les délais.

Impacts

À en croire les documents présentés aux cadres du SPVM le 2 décembre dernier, la nouvelle structure aura pourtant des avantages comme «une meilleure force de frappe et de visibilité ainsi qu'un impact sur la criminalité».

Ce plan fait toutefois grincer des dents chez une partie de la haute direction du service, des cadres intermédiaires et de simples employés de la police de Montréal.

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