Louis Gagné
Agence QMI

Biodiversité: Québec en voie de rater ses engagements internationaux

Biodiversité: Québec en voie de rater ses engagements internationaux

«Non seulement plusieurs de nos espèces sont devenues menacées ou vulnérables, mais elles sont également devenues orphelines, a déploré le directeur général de la SNAP Québec, Alain Branchaud.Photo Archives / Agence QMI

Louis Gagné

QUÉBEC - Même s'il se pose en champion de la lutte aux changements climatiques sur la scène internationale, le Québec fait figure de cancre en matière de protection de la biodiversité, révèle une étude.

La Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) et Nature Québec ont publié mardi un rapport dans lequel ils affirment que le Québec est en voie de rater plusieurs de ses engagements internationaux liés à la protection de la biodiversité.

Lors de la conférence de Nagoya, au Japon, en 2010, le Québec et les autres États signataires avaient adopté le Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020. Ce plan était constitué de cinq buts stratégiques et de 20 objectifs, également connus sous le nom d'objectifs d'Aichi.

La SNAP et Nature Québec ont étudié neuf de ces 20 objectifs. Leur constat est sans équivoque:

«Si les tendances se maintiennent, aucun des objectifs d'Aichi évalués ne sera atteint au Québec», peut-on lire dans le rapport.

À titre d'exemple, les deux organismes environnementaux mentionnent que le Québec est en voie de rater la cible de «créer un réseau représentatif d'aires protégées couvrant 17 % du territoire et des eaux intérieures et 10 % des zones marines et côtières» d'ici 2020.

«On constate que les progrès sont minimes en termes de superficie depuis 2010, que de nombreux écosystèmes sont sous-représentés et que les instances régionales qui se concertaient sur la création de nouvelles aires protégées n'existent plus», ont écrit les auteurs du rapport.

Ces derniers ont également mis en évidence «la diminution constante des moyens financiers, la désuétude réglementaire ainsi que l'absence de plans d'action nationaux, de mécanisme de suivi, d'évaluation et d'instances de concertation».

«Non seulement plusieurs de nos espèces sont devenues menacées ou vulnérables, mais elles sont également devenues orphelines tant le gouvernement du Québec a peu investi pour assurer leur rétablissement et mettre en place un filet de sécurité digne de ce nom», a déploré le directeur général de la SNAP Québec, Alain Branchaud.

«Il est minuit moins une pour la protection de biodiversité au Québec et c'est l'affaire de tous», a renchéri son homologue chez Nature Québec, Christian Simard

Pour chaque objectif analysé, les auteurs du rapport ont formulé une série de recommandations.

Ils ont invité le gouvernement Couillard à les mettre en œuvre afin de freiner la perte de la biodiversité et de permettre au Québec «de réellement devenir un chef de file en la matière».

Principaux constats du rapport «Nagoya+. Bilan des actions du Québec en matière de biodiversité et recommandations»

- Les Québécois connaissent peu la valeur de la biodiversité;

- Les efforts pour une gestion responsable des ressources naturelles (forestières, minières et halieutiques) sont à compléter;

- La perte des milieux naturels se poursuit;

- Le réseau d'aires protégées progresse à un rythme insuffisant et n'est pas suffisamment représentatif de la biodiversité québécoise. Le manque de protection des milieux marins est encore plus criant;

- Les mesures pour la sauvegarde des espèces menacées et vulnérables sont inadéquates;

- Les efforts de restauration des milieux naturels sont quasi inexistants;

- La prise en compte des milieux naturels dans la séquestration du carbone commence à être reconnue;

- Les outils de bonne gouvernance sont absents;

- Les moyens financiers sont en baisse et insuffisants.

Source: Nature Québec et Société pour la nature et les parcs du Canada, Section Québec

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