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Manifestation contre l'austérité: déclarée illégale dès le départ

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Dernière mise à jour: 31-10-2014 | 17h12

Plus de 10 000 manifestants ont profité de l'Halloween pour se déguiser et envahir les rues de Montréal, vendredi, pour protester contre les politiques d'austérité du gouvernement Couillard.

Les nombreux participants se sont rassemblés, vers 11 h, sur l'avenue McGill College, entre la rue Sherbrooke et le boulevard de Maisonneuve, près du bureau du premier ministre.

En moins de 30 minutes, faute d'avoir reçu leur itinéraire, les policiers ont déclaré le rassemblement illégal. Ils ont demandé aux participants de se disperser et de quitter les lieux, sans quoi ils seraient dans l'obligation d'intervenir.

Malgré les avertissements des autorités, la marche a débuté vers midi, après quelques discours. Des manifestants ont utilisé des engins produisant de la fumée à l'angle de la Côte du Beaver Hall et de la rue de la Gauchetière.

La marche devait se terminer vers 13 h autour du 357, rue de la Commune. Des discours ont alors eu lieu et les organisateurs ont avancé le chiffre optimiste de 50 000 manifestants.

Certains ont toutefois décidé que la marche n'était pas finie. Un autre groupe s'est formé, majoritairement constitué d'étudiants. Les participants, qui étaient assez festifs depuis le départ, ont alors changé un peu de ton en commençant à scander des slogans plus durs tels que «Flics, porcs, assassins».

Les marcheurs s'amusaient à emprunter plusieurs artères importantes de la métropole, parfois à contresens, se mêlant ainsi à la circulation automobile. Si la plupart prenaient cette situation à la légère, d'autres automobilistes ont invectivé les manifestants.

Les policiers tentaient de s'adapter, tant bien que mal, à l'itinéraire emprunté par les participants. En plus des policiers à vélo et à moto, deux autres groupes d'agents encadraient les marcheurs de près en circulant sur le trottoir, de chaque côté de la rue.

Le regroupement s'est finalement dispersé vers 15 h 30, à l'intersection des rues Sainte-Catherine et Berri. Les participants se sont pratiquement tous dirigés vers les stations de métro avoisinantes. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé qu'aucune arrestation n'a été effectuée lors de l'évènement. Aucun méfait n'a été signalé.

Un deuxième rassemblement était prévu à 21 h vendredi soir, à la place Émilie-Gamelin.

Réactions

La manifestation, organisée par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, vise à dénoncer les compressions budgétaires et les politiques fiscales du gouvernement québécois qui selon eux, ne bénéficient qu'aux grandes entreprises et aux plus nantis.

«Si le gouvernement décide d'appauvrir l'ensemble de la population, c'est toute la population qu'il retrouvera sur son chemin», a dit Véronique Laflamme, porte-parole de la Coalition.

Des manifestants de partout à travers le Québec, notamment de Chaudière-Appalaches, de la Mauricie, de l'Outaouais, de l'Estrie et de l'Abitibi ont convergé vers la métropole afin d'apporter leur soutien.

«Une personne sur dix au Québec est incapable de couvrir ses besoins de base. Pour ces personnes, de nouvelles mesures d'austérité, ça veut dire choisir entre les activités parascolaires et l'épicerie de la semaine. Pour nous, un gouvernement qui dit aux gens qui vivent en situation de pauvreté qu'ils devront se serrer la ceinture n'a pas la légitimité morale pour gouverner», a indiqué Vania Wright-Larin, du Regroupement d'éducation populaire en action communautaire des régions du Québec et de Chaudière-Appalaches.

En plus d'étudiants en grève pour la journée, la manifestation réunissait des politiciens, des travailleurs des secteurs de la santé, des employés municipaux et des représentants de plusieurs groupes de tous les horizons.

«Avec leur obsession du déficit zéro, les libéraux saccagent nos services publics, nos programmes sociaux et détruisent nos emplois, a déclaré la députée de Québec Solidaire, Françoise David. Ce sont les plus vulnérables, les femmes et la classe moyenne qui subissent le plus durement les conséquences de l'austérité libérale.»

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