Agence QMI

657 postes supprimés à Radio-Canada

Dernière mise à jour: 10-04-2014 | 13h18

Journée sombre du côté de CBC/Radio-Canada qui a annoncé jeudi des compressions de 130 millions $ se traduisant par la suppression de 657 emplois au cours des deux prochaines années, dont la moitié - 312 - du côté des services français.

Dans le présent exercice, ce sont 573 postes qui seront éliminés, dont 230 dans les services français.

Montréal écopera en devant absorber 75 % de toutes les coupes des services français à son centre de production (183 suppressions immédiates) du boulevard René-Lévesque. Ces pertes d'emplois affecteront surtout les sports et Espace musique, dont la dizaine d'animateurs en région qui se retrouveront au chômage. À Québec, 11 personnes recevront bientôt de mauvaises nouvelles, si ce n'est déjà fait.

«Aujourd'hui, nous avons pris les décisions difficiles requises pour équilibrer notre budget actuel, a dit Hubert T. Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada. Au fur et à mesure que le paysage médiatique change, CBC/Radio-Canada devra aussi se réinventer afin de continuer à remplir le mandat qui lui a été confié il y a plus de 75 ans.»

En conférence de presse téléphonique avec les médias, M. Lacroix a expliqué pourquoi il y a autant de pertes d'emplois dans les services anglais et français, même si les coupes budgétaires sont plus importantes à Toronto (82 millions $) qu'à Montréal (42,3 millions $).

«Quand on élimine des émissions du côté de la grille de Radio-Canada, ça affecte immédiatement des gens, parce que pour nos productions internes ou externes, on utilise des

Radio-Canadiens, a déclaré M. Lacroix. Chez CBC, la façon dont les cases horaires sont bâties, on fait appel à des productions externes sans que des employés y soient rattachés.»

Plusieurs facteurs évoqués

Pour justifier ces importantes coupes, CBC/Radio-Canada pointe du doigt plusieurs facteurs, dont l'affaiblissement d'environ 5 % du marché publicitaire, le rendement de la grille télé de

CBC, inférieur aux prévisions pour la tranche clé des 25-54 ans, et les revenus moins élevés qu'attendus du côté d'Espace musique et de CBC Radio 2.

La perte des droits de télédiffusion des matchs de la LNH pour les 12 prochaines années aux mains de Rogers au Canada anglais est aussi évoquée. CBC/Radio-Canada parle, dans ce cas, d'un manque à gagner de 47 millions $ et annonce que les bulletins de sport de fin de soirée passeront au couperet. Le réseau public indique de plus qu'il ne concurrencera plus les radiodiffuseurs privés pour obtenir les droits des sports professionnels, mais qu'il restera dans la course pour la diffusion des Jeux olympiques.

«On ne diffusera plus d'événements sportifs s'ils sont déficitaires», a précisé Hubert T. Lacroix, ce qui pourrait affecter le football universitaire, par exemple.

L'information protégée

Les bulletins de nouvelles seront toutefois préservés sept jours sur sept et dans toutes les régions, a indiqué la direction de CBC/Radio-Canada. Ce sont les émissions dans la grille de jour qui écoperont, dont la quotidienne «Alors on jase!», qui ne reviendra pas en septembre, alors que «Quelle histoire» passera de 92 à 36 épisodes.

«On va réduire notre portion d'investissements dans la grille de jour pour protéger le "prime time" (NDLR : les heures de grande écoute), où ça compte», a dit Louis Lalande, vice-président des services français.

À Ottawa, le NPD a réagi à l'annonce faite par CBC/Radio-Canada. «[...] Il est essentiel [d'assurer à Radio-Canada] un financement stable et adéquat à long terme, a dit le porte-parole du NPD en matière de Patrimoine, Pierre Nantel. Malheureusement, les conservateurs préfèrent affaiblir et malmener la société d'État avec des compressions idéologiques, et ce, alors même qu'elle doit faire face à un environnement concurrentiel difficile.»

CBC/Radio-Canada composait déjà, depuis le budget fédéral de 2012, avec des compressions de 115 millions $ sur trois ans, ce qui avait entraîné 650 coupes au sein de ses effectifs.

Depuis 2009, 2100 postes auraient été éliminés au sein de la société d'État selon des syndiqués qui ont réagi sur Twitter en parlant d'une journée noire pour l'information et la culture. Au terme de l'opération annoncée jeudi et sur laquelle la direction travaillait depuis janvier, il restera 7550 employés d'un océan à l'autre.



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