Louis Gagné
Agence QMI

Irrégularités à la FTQ: Ken Pereira accuse les libéraux

Irrégularités à la FTQ: Ken Pereira accuse les libéraux

Ken Pereira Capture d'écran / Agence QMI

Louis Gagné

QUÉBEC - L'ex-syndicaliste et lanceur d'alerte Ken Pereira accuse les libéraux d'avoir fermé les yeux sur des cas d'irrégularités à la FTQ-Construction.

M. Pereira a raconté à l'Agence QMI s'être rendu à plusieurs reprises au cabinet de l'ancienne ministre du Travail, Lise Thériault, vers la fin de l'année 2010, pour dénoncer des situations de corruption, d'intimidation et de discrimination liées au puissant syndicat. Il ajoute avoir remis à l'intention de la ministre des enregistrements qui «démontraient exactement l'ampleur du problème».

«J'ai rencontré l'attaché politique de la ministre, François-William Simard, à cinq, six ou sept reprises, relate-t-il. C'étaient des rencontres assez importantes, parce que je disais que le crime organisé était relié à la FTQ et que leur objectif, c'était le Fonds de solidarité. J'ai donné des CD qui démontraient clairement ce qui se passait.»

Pas de réponse

L'ancien directeur du local 1981 de la FTQ-Construction affirme toutefois que ses mises en garde sont restées lettre morte. Interrogé sur la nature exacte des enregistrements, M. Pereira a déclaré qu'il ne pouvait pas donner plus de détails afin ne pas nuire aux travaux de la commission Charbonneau.

«Je ne peux pas en parler parce que ce n'est pas encore sur la table et j'ai promis à la commission que je n'en parlerais pas, a-t-il dit. [Et] si je commence à m'attaquer à un libéral, je vais passer dans le tordeur en maudit.»

Au cours des derniers jours, l'ex-syndicaliste a publié une série de messages sur son compte Twitter dans lesquels il accuse le gouvernement du Parti libéral de ne pas avoir pris en considération les éléments de preuve qu'il lui aurait présentés.

«Au cabinet de la ministre Thériault, j'ai soulevé le problème, puis ils n'ont jamais écouté mes demandes ou mes recommandations, a-t-il écrit. [C'est] certain que le cabinet de [Sam] Hamad (ancien ministre du Travail) et Thériault avait des enregistrements qui démontraient la corruption.»

À la suite de son témoignage devant la commission Charbonneau l'automne dernier, Ken Pereira s'était interrogé sur Twitter sur les raisons pour lesquelles les procureurs ne lui avaient pas parlé des démarches qu'il a entreprises auprès de Sam Hamad, Lise Thériault et d'un autre ministre libéral du Travail, David Whissell.

La FTQ et Carboneutre

En décembre 2011, Lise Thériault avait confirmé avoir reçu à son cabinet des enregistrements de conversations entre des dirigeants de la FTQ-Construction et des représentants de la société Carboneutre. La ministre avait ordonné que ces écoutes électroniques soient remises à la Sûreté du Québec.

Les enregistrements en question concernaient notamment la tentative alléguée de corruption dont aurait été victime l'ex-président de la FTQ, Michel Arsenault. Selon des témoins, un émissaire de Carboneutre, une entreprise spécialisée dans la décontamination, aurait offert un pot-de-vin de 300 000 $ à M. Arsenault afin qu'il aide cette dernière à obtenir du financement du Fonds de solidarité FTQ. Michel Arsenault a toujours nié avoir reçu une telle proposition.

Mentionnons que rien ne permet d'indiquer que les enregistrements auxquels Ken Pereira fait allusion sont liés d'une quelconque façon au dossier Carboneutre.



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