Louis Gagné
Agence QMI

2013 à Québec: une année sous le signe de la charte

2013 à Québec: une année sous le signe de la charte

Le projet piloté par le ministre Bernard Drainville sera parvenu à éclipser l’ensemble des autres dossiers. Photo Jean-François Desgagnés / Agence QMI

Louis Gagné

QUÉBEC - Sur la scène politique, peu de sujets auront autant retenu l'attention en 2013 que la charte des valeurs du gouvernement Marois.

Même s'il n'a été dévoilé qu'à la fin de l'été, le projet piloté par le ministre Bernard Drainville sera parvenu à éclipser l'ensemble des autres dossiers, y compris les enjeux reliés à l'économie, et ce, au grand dam des partis d'oppositions.

Alors qu'en 2012 le mouvement de contestation étudiante avait polarisé les Québécois entre «carrés rouges» et «carrés verts», le projet de charte des valeurs a révélé d'autres divisions, toutes aussi profondes, au sein de la société québécoise. Si la volonté d'affirmer les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l'État semble faire consensus, l'idée d'interdire le port de signes religieux visibles chez l'ensemble des fonctionnaires, en revanche, est loin de faire l'unanimité.

Partisans et opposants de la charte ont manifesté tout au long de l'automne à Montréal et dans d'autres villes du Québec, certains rassemblements réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes.

C'est toutefois au sein de la classe politique que les divisions autour du projet de charte font le plus de bruit, à commencer par celles qui ébranlent le mouvement souverainiste. Le 12 septembre, la députée du Bloc québécois Maria Mourani est expulsée du caucus de son parti pour son opposition à la charte des valeurs, qu'elle a assimilée la veille à une manifestation de nationalisme ethnique.

Aussi sur Canoe.ca

Viennent ensuite les mises en garde de deux anciens premiers ministres péquistes, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, qui estiment que le projet de charte va trop loin. S'inspirant des recommandations du rapport Bouchard-Taylor, les deux ex-politiciens recommandent de limiter l'interdiction du port de signes religieux aux employés de l'État exerçant un pouvoir de coercition.

Le projet de charte ne parvient pas non plus à faire l'unanimité au sein du mouvement féministe, comme en témoignent les positions diamétralement opposées des «Janette» et des «Inclusives» sur l'interdiction du port de signes religieux.

L'attention accordée au projet de charte n'a pas l'heur de réjouir les partis d'opposition, qui auraient préféré parler d'économie et d'emploi. L'empressement avec lequel la CAQ propose un compromis pour régler le dossier le plus rapidement possible en est une belle illustration.

De leur côté, après avoir tourné en dérision les divisions qu'alimente le projet de charte au sein du mouvement souverainiste, les libéraux sont à leur tour rattrapés par la controverse. Restée discrète jusque-là, la seule élue de confession musulmane à l'Assemblée nationale, Fatima Houda-Pepin, fait voler en éclat l'illusion d'unité que tentait d'entretenir le PLQ.

Indignée par les propos de son collègue Marc Tanguay, qui ne voit aucun problème à ce qu'une candidate du Parti libéral porte le tchador, la députée de La Pinière rompt le silence et questionne ouvertement le modèle d'égalité homme femme prôné par son chef, Philippe Couillard.

Elle rentrera finalement dans les rangs après avoir obtenu l'engagement que son chef réexaminera la position libérale sur le port de signes religieux apparents par certains employés de l'État.



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos