Léger promet des sanctions en cas de grève


Jean-Luc Lavallée

Dernière mise à jour: 16-05-2013 | 14h22

QUÉBEC - Les garderies privées subventionnées qui mettront leur menace de grève à exécution, à compter de la semaine prochaine, vont écoper d’amendes salées, a promis la ministre de la Famille Nicole Léger, jeudi.

«Jamais je ne tolèrerai que les parents soient pris en otage par leurs moyens de pression. Je n’accepterai pas qu’ils fassent les frais de cet entêtement. Je les avise que des sanctions s’appliqueront», a-t-elle martelé lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

«En moyenne, la perte par jour sera de 2500 $». En plus de cette amende, les garderies verront leur subvention quotidienne être réduite de 50% pour une première journée de grève, 75% pour une deuxième journée et 100% pour une troisième journée. Une lettre évoquant les conséquences monétaires d’une grève leur a été expédiée.

Cinq jours de grève

L’Association des garderies privées du Québec (AGPQ) a déjà voté en faveur de cinq journées de grève. Les deux premières sont prévues les 22 et 30 mai. L’AGPQ s’oppose farouchement aux compressions de 14,9 millions $ imposées par Québec. Elle soutient que ces compressions vont affecter les services offerts et nuiront à l’embauche d’éducatrices spécialisées.

La ministre rappelle qu’elle a fait son bout de chemin en faisant passer la compression de 18 millions $ à 14,9 millions $, en éliminant la récurrence et le barème pour les enfants de quatre ans.

Plus tôt cette semaine, l’AGPQ a proposé à la ministre de trouver cette somme ailleurs, en convertissant 7 projets de CPE en garderies privées. Une proposition «insensée» qui «ne tient pas la route», a déclaré Mme Léger.

L’effort qu’elle demande aux quelque 650 garderies privées subventionnées «est loin d’être déraisonnable», a-t-elle insisté. En moyenne, une garderie de 60 places réalise des profits annuels de 100 000$. La compression représente une somme de 21 000$.

«Honteux et antidémocratique»

«Wow! Vive la démocratie! Pour un gouvernement qui se tenait dans la rue l’année passée avec les carrés rouges, c’est incroyable! Elle est en train de mettre le feu aux poudres. Je pense qu’elle va mobiliser encore plus notre réseau», a réagi, à chaud, le président de l’AGPQ Sylvain Lévesque, joint par Le Journal de Québec.

«Elle vient vraiment de démontrer son vrai visage. Ça ne s’arrêtera pas là. On a d’autres stratégies. C’est totalement aberrant, c’est antidémocratique. Est-ce qu’on vit dans une dictature? Je n’en reviens pas de son attitude», a-t-il pesté au bout du fil, reprochant à la ministre de prioriser son «réseau chouchou» des CPE, qui se sont pourtant entendus avec

Québec pour des compressions en pigeant 31 millions $ dans leurs surplus.
«Il y a vraiment un acharnement idéologique sur le dos des garderies privées. Comme en 1997, l’histoire se répète.» M. Lévesque se questionne même sur la légalité de l’approche de la ministre. «Légalement, on a le droit à 13 jours de fermeture. Comment elle peut nous pénaliser?»


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